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DILUTION PRIMITIVE DE SÉRUM

LIQUIDE DE CIRCULATION ARTIFICIELLE

Quantité ajoutée à lOcc de sang

Coagulation au bout de :

Observations

Quantité ajoutée à lOcc de sang

Coagulation au bout de :

Observations

20 ai'outtes

4 minutes,

Caillot dense.

20 gouttes

5 jours 16 heures 4 h. 20 m.' 35 minutes

Abondante couche de plasma.

De nombreuses expériences de circulations artificielles dans d’autres organes (intestin, rate, rein, muscles, pancréas, cerveau) m’ont toujours donné au contraire des résultats négatifs. Les liquides de circulations artificielles agissent comme les liquides firimitifs, c’est-à-dire pour précipiter la coagulation. Voici le compte rendu d’une expérience de circulation artificielle faite sur le membre inférieur.

Expérience xxi. — Chien de 14 kilogr. (ué par piqûre du bulbe. Section complète du membre inférieur à sa racine; canules dans l’artère et la veine fémorales. Par la canule artérielle on injecte 120 centim. cubes d’une dilution de sérum d’anguille à 1 % et à la température de 30°.

On laisse en contact pendant six minutes. Le liquide recueilli est centrifugé pendant un quart d’heure, puis ajouté en proportions variables à quatre échantillons de sang prélevés dans l’artère fémorale d’un autre chien, quatre autres échantillons sont additionnés des mômes proportions de la dilution primitive.

Le tableau suivant indique comment s’est faite la coagulation :

DILDTION PKIMITIVE DE SÉRUM

LIQUIDE DE CIRCULATION ARTIFICIELLE

Quantité ajoutée à lOcc de sang

Coagulation au bout de :

Observations

Quantité ajoutée à lOcc de sang

Coagulation au bout de ;

Observations

40 gouttes

Caillot dense.

40 gouttes

50secondes( Caillot très fer

2 minutes/°'^f”®'’ immé- 2 m 30 s (diatement tous

‘■les verres.

Ces expériences démontrent de la façon la plus nette qu’il suffit de faire circuler à travers le foie isolé une dilution de sérum d’anguille dans la solution physiologique pour recueillir un liquide capable, à très faible dose, de suspendre la coagulation du sang m vitro. L’activité de ce liquide doit nécessairement être rapportée à une substance nouvelle produite par le foie sous l’influence du sérum d’anguille.

Les résultats négatifs que donnent les mêmes expériences faites sur d'autres organes, semblent indiquer que le foie seul est capable de produire cette substance.

Pour faire la contre-épreuve de ces expériences, j’ai étudié l’action du sérum d’anguille après extirpation du foie^; j’ai observé que, dans ces conditions, les injections faites aux doses de 0‘’‘^,02 à 0‘^^03 par kilogr., doses qui sont toujours actives lorsqu’on étudie leur action chez l’animal intact, n’exercent plus aucune action modificatrice sur la coagulation ,

Expérience xxii. — Chien du poids de 5’‘^,950 ; reçoit O^^OG de morphine, chloroforme. Extirpation du foie aussi complète que possible de 10 h. 40 m. à 10 h. 50 m. A 10 h. 55 m., prise de sang dans la carotide; ce sang est totalement coagulé à 10 h. 59 m. A 11 heures, on injecte par la jugulaire, 0"%25 de sérum d’anguille dilué dans

1 J'ai montré plus haut, ù propos de l’action aiiticoagulauto de la peptoue, (jue l’extirpation du foie combinée à la fistule d’Eck donnait les mêmes résultats que l’extirpation simple de cet organe ; aussi ai-je pensé qu’il n’était ]ias indispensable, ])onr étudier l’action des injections intra-vasculaires de sérum d’anguille ou d’extraits d’organes après ablation du foie, d’établir au préalable une fistule por^ocave, opération toujours assez longue et qui, de plus, est généralement entourée de grandes difficultés.

10 cenLim. cubes d’eau salée. De 1 1 h. 2 m. à 1 1 h. 7 m., moment où meurt l’animal, on recueille trois échantillons de sang qui sont tous trois coagulés au bout de quatre minutes, l.e sang recueilli à l’autopsie se prend aussi immédiatement en caillot. Le poids du foie enlevé était de 145 gram. 11 n’en restait qu’uii fragment de 22 gram. qui était partiellement stricturé par les ligatures.

En employant des doses plus élevées, j’ai observé dans quelques cas cependant un retard de coagulation très faible, il est vrai, mais toutefois nettement appréciable. Cette diminution de la coagulabilité peut s’expliquer, je crois, par l’impossibilité dans laquelle on se trouve parfois de pratiquer l’extirpation suffisamment totale du foie. Le fragment qui demeure en rapport avec la veine cave est sans doute quelquefois assez volumineux pour fournir encore une faible quantité de l’agent anticoagulateur, surtout si les cellules hépatiques sont fortement excitées par des doses massives de sérum d’anguille. C’est d’ailleurs l’opinion que j’ai émise plus haut pour expliquer les résultats positifs obtenus par Contejean dans ses expériences sur les effets des injections de peptone après isolement vasculaire du foie.

Mais, s’il est difficile de conclure avec certitude que le foie joue un rôle absolument exclusif dans l’action anticoagulante de l’idithyotoxique, on peut, néanmoins, affirmer qu’il est le seul organe contribuant à former activement l’agent anticoagulateur auquel donnent naissance les injections intravasculaires de sérum d’anguille.

IIL— ACTION ANTICOAGULANTE DES EXTRAITS D’ORGANES‘

Dans son important travail sur la formation de la lymphe, Ileidenhain^ a montré que certains extraits d’organes (extraits de muscles d’écrevisse, de corps d’anodontes, de foie et d’intestin

' G. Delezenae; Comptes rendus delà Soc. de Biol., 27 février 1897, pag. 228 [Archives de Physiologie, 5® série, tom. IX, pag. 646, juillet 1897).

2 Heidenhain; Versucheund Fragen zur Fehre vonder Lymphbildung [Arch. für die gesanwile Physiologie, 1891, pag. 299).

de chien, etc.), outre leur action lympliagogue, possèdent la propriété de suspendre ou, tout au moins, de retarder la coagulation du sang et de la lymphe lorsqu’on les introduit dans l’organisme en injections intra-veineuses.

Plus récemment, Contejean \ par un procédé de préparation différent, a obtenu toute une série d’extraits d’organes capables également de retarder la coagulation lorsqu’ils sont injectés dans le torrent circulatoire. Ajoutés au sang ces extraits accé-

lèrent toujours, au contraire, la prise en caillot. Se posant la question de savoir si les extraits d’organes agissent sur la coagulation par le même mécanisme que la peptone, Contejean avait recherché s’il était possible de conférer à un animal l’immunité contre les effets habituels de la peptone par une injection préalable d’extrait d’organes. Les résultats négatifs qu’il obtint, ramenèrent à conclure que le mécanisme d’action de ces agents est tout différent de celui de la peptone.

Quelques expériences relatives à l’immunité, expériences dont je donnerai plus loin le compte rendu, m’ayant montré, à l’inverse de Contejean, qu’une injection préalable de peptone immunise contre l’action anticoagulante des extraits d’organes, je me suis adressé à une autre méthode pour trancher définitivement cette question

J’ai tout d’abord étudié l’action de l’extrait de muscles d’écrevisse qui, en raison de son activité, peut être considéré comme le type des extraits d’organes.

Les extraits étaient préparés par la méthode d’Heidenhain. Les muscles d’écrevisses, tuées par l’eau bouillante, étaient déshydratés par l’alcool absolu, avec lequel on les laissait en contact pendant plusieurs jours. Puis, ils étaient séchés et réduits en poudre ; cette poudre était reprise par l’eau bouillante dans les proportions de 5 à 10 gram. de muscles pour 100 centim. cubes d’eau.

Il suffit, ordinairement, d’injecter à un chien une quantité de

^ Contejean ; Action anticoagulante des extraits d’organe (Comptes rendus de la Soc. de liiol., 11 juillet 1896, pag. 752).

cet exlrail correspondant à 40 ou 50 centigr. de muscles par kilogramme, pour faire perdre, pour quelques heures, au sang circulant, la propriété de se coaguler après sa sortie des vaisseaux .

Les échantillons prélevés peu de temps après l’injection donnent une abondante couche de plasma et restent ordinairement liquides pendant plusieurs jours.

Ce plasma, ajouté en faible quantité à un échantillon de sang normal, en retarde également la coagulation, alors que l’extrait primitif, ajouté au sang in vitro, accélère toujours notablement la prise en caillot.

L’expérience suivante rend parfaitement compte de tous ces faits.

Expérience xxiii. — A un chien du poids de ll'‘s,700, on introduit une canule dans l’artère fémorale. A 3 h. 8 m., on recueille un échantillon de sang qui est totalement coagulé à 3 h. 13 m. A3 h. 15 m., on en prélève un second, qui est totalement pris à 3 h. 2J .

A 3 h. 22, on pratique, par la veine jugulaire, une injection d’extrait de muscles d’écrevisse (G gram. de muscles pour 30 centim. cubes d’eau). De 3 h. 25 m. à 5 h. 30 m., on recueille six échantillons de sang.

Chaque prise correspond à 8 centim. cubes environ.

Le tableau suivant indique la marche de la coagulation.

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