‹ Travaux divers [sur la syphilis]Chapitre 21 sur 48 · FORME CONFLUENTE · texte numérisé non relu

FORME CONFLUENTE

Messieurs, car nous ne trouvons guère de malades dotés d'une incurie assez chronique pour tolérer en patience dételles lésions, sans recourir à un traitement quelconque. Mais ce que nous savons tout au moins par quelques exemples, c'est que des ulcérations gommeuses de Ja langue ont pu durer longtemps, trèslongtemps. J'en ai vu, pour ma part, qui dataient de six mois, de Iiuit mois, d'un an, de deux ans. Et il y a plus. Dans le journal anglais TheLancet (1), vous trouverez un fait très-curieux, relatif à une ulcération linguale tertiaire qui ne remontait pas à moins de vingt années^ de vingt années pendant lesquelles le malade ne s'était soumis à aucun traitement! Et notez immédiatement ceci, comme démonstration de ce que peut la médication spécifique en pareille occurrence : cette ulcération persistait depuis vingt ans en l'absence de tout traitement ; on administre le mercure, et, dès le quatrième jour du traitement, elle commence, dit l'observateur, à se réparer; le vingt-huitième jour, elle est guérie! Quel fait, entre mille autres, à l'adresse de ceux qui, je ne sais par quel inexplicable aveuglement, nient l'influence du mercure dans la syphilis et proposent de substituer à ce merveilleux remède la stérile et dangereuse expectation !

Telle se présente, Messieurs, la glossite gommeuse dans la grande généralité des cas.

Mais cet exposé resterait incomplet, si je ne le faisais suivre actuellement d'un court appendice, relativement à certains cas d'un ordre beaucoup plus rare. Ces cas comprennent ce que j'appellerai :

D'une part la forme confluente ;

Et, d'autre part, la forme phagédénique.

I. Forme confluente. — Je vous ai dit que le nombre des lésions qui constituent la glossite gommeuse n'est, en général, que mi-

• (1) Cure of ulcération of tlie tong'uc wh'.cli had existed twoiity years, by A. Leared, The Lancet, 18GS.

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