‹ Travaux scientifiques de Albert Robin...candidat à l'Académie de médecine, section de physique et de chimie médicales. Deuxième fascicule, années 1885 et 1886Chapitre 8 sur 10 · De là pyélo-néphrite primitive · texte numérisé non relu

De là pyélo-néphrite primitive

Gazette médicale de Paris, 1883.

La pyélo-néphrite est considérée comme une maladie secondaire qui reconnaît parmi ses causes habituelles la présence de corps étrangers, de calculs dans le bassinet, puis l’extension d’une inflammation de la vessie ou des voies urinaires inférieures, la rétention d’une urine décomposée par stagnation et fermentation, la blennorrhagie, etc. On décrit aussi la pyélite consécutive aux fièvres graves, et l’on ne reconnaît guère le caractère primitif qu’aux pyélites qui suivent parfois l’élimination par les reins de substances irritantes, telles que la cantharidine et certains médicaments diurétiques ou balsamiques.

Mais la pyélite spontanée, se développant subitement chez un individu en parfait état de santé, parait n’avoir attiré que fort peu l’attention des observateurs.

L’auteur ayant eu l’occasion de diagnostiquer plusieurs cas de pyélite

primitive, est en mesure de tracer le. cadre de cette maladie, dont le diagnostic est entouré de difficultés.

Le froid et le surmenage sont ses causes les plus actives.

Le début de la maladie est marqué par un grand frisson ; bientôt survient une rachialgie intense, puis de la fièvre, de la céphalalgie, des vomissements bilieux. L’urine émise apparaît rouge et chargée ; la miction est assez cuisante parfois pour provoquer une dysurie plus ou moins qccentuée.

A partir de cette invasion du mal, les symptômes se groupentde manière à constituer comme des périodes.

. Dans une •premièrepériode, les symptômes principaux sont la rachialgie spontanée, exaspérée par les mouvements, une dyspnée marquée sans signes physiques thoraciques ou pulmonaires, une fièvre à 38“,5 à 39" avec sécheresse de la langue, soif vive, légère prostration, de la constipation, enfin, une urine jaune foncé, diminuée faiblement de quantité et renfermant de 5 à 10 grammes d’albumine par litre. L’œdème fait totalement défaut, et cependant l’impression clinique est celle que donne la maladie de Bright au début de sa forme aiguë.

. Vient la seconde période. Au bout d’un temps variable (8 jours environ), l’albuminurie diminue rapidement et finit par ne plus exister qu’à L’état, de traces, En même temps l’urine, qui depuis quelques jours tend à augmenter de quantité, laisse déposer un sédiment formé essentiellement de globules blancs. La fièvre redouble alors, la prostration s’accentue, la langue se sèche, le ventre devient douloureux à la pression ; le' malade prend l’aspect d’un typhique.

La troisième phase est caractérisée par l’apparition d’une tumeur dans l’un des flancs et par l’augmentation marquée du sédiment purulent de l’urine, coïncidant avec un retrait notable de la tumeur.

Une résolution générale de tous les symptômes constitue la quatrième période dont l’intérêt réside en ce que la maladie sommeille encore sous l’apparence d’une complète guérison, et que, de temps à autre, sous l’influence de la cause la plus légère, elle se réveille et détermine des accès fébriles passagers, suivis d’une émission purulente.

Il faut faire le diagnostic différentiel d’avec la néphrite aiguë, la congestion rénale primitive à forme typhoïde, l’hydronéphrose, les kystes rénaux, la néphrite suppurée, la fièvre typhoïde, la péri-néphrite. Les règles de ce diagnostic ont été établies par l’auteur.

La pyélo-néphrite spontanée est une maladie d’un pronostic sérieux, qui présente des dangers dans sa période aiguë, et peut passer facilement à l’état chronique. Le malade est alors exposé à des retours fébriles plus ou moins fréquents dont il est difficile de prévoir l’issue. Les conditions nouvelles dans lesquelles se trouve l’urine favorisent sa fermentation, et le dépôt de cristaux de phosphates tribasiques qui peuvent devenir l’origine de calculs secondaires. On ne doit proclamer la guérison définitive que lorsque toute trace d’albuminurie et de globules blancs aura disparu de l’urine.

Le traitement de la période aiguë est purement symptomatique. Les alcooliques associés au sulfate de quinine sont indiqués quand la maladie prend, une apparence typhoïde.

La période chronique, ou des retours fébriles, réclame comme prescription d’ordre général, le régime lacté mixte, une sévère hygiène ayant pour but d’éviter tout refroidissement et d’activer les fonctions de la peau; enfin, l’usage de la médication tonique.

Trois grandes indications dominent la thérapeutique-; il faut modifier Turine pour qu’elle ne soit plus par elle-même une cause d’irritation ; rendre cette urine aussi antiseptique que possible pour retarder la fermentation ammoniacale qui deviendrait une cause secondaire d’irritation du bassinet, et une condition du développement des calculs phosphatiques; se servir de l’urine pour transporter des agents médicamenteux sur le bas-

Les moyens de réaliser pratiquement ces, indications sont longuement étudiés dans le mémoire original.

L’auteur conclut en affirmant l’existence de la pyélo-néphrite primitive la possibilité d’arriver à son diagnostic, et en hasardant cette hypothèse, que cette pyélo-néphrite, en raison des difficultés de sa recherche et la formation possible de calculs phosphatiques secondaires, a peut-être été quelquefois méconnue et que sa rareté serait ainsi moins grande que ne le ferait supposer le silence des auteurs.

19. — De là myocardite interstitielle latente et de la dégénérescence calcaire du cœur (en collaboration avec M. Jubel-Renoy). Archives générales de médecine, avril 1885, et Leçons de clinique, etc.

11 existe une variété de myocardite interstitielle qui procède par îlots scléreux d’origine périartérielle; mais ceux-ci restent plus ou moins localisés, et leur évolution est si lente qu’elle peut parcourir tous ses termes sans qu’aucun symptôme traduise leur existence. Et si les Ilots scléreux, au lieu de subir une dégénérescence graisseuse, pigmentaire ou autre, se laissent peu à peu envahir par les sels calcaires, ce mode de dégénérescence constituera une sorte de guérison relative de la myocardite, et le sujet pourra fournir encore une longue carrière, à la condition que le foyer calcaire siège sur une région indifférente du muscle cardiaque. Dans ces conditions, tout le processus, depuis la périartérite originelle jusqu’à l’infiltration calcaire terminale, accomplira ses diverses •étapes d’une manière absolument latente.

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