VI. — TÉLÉGRAPHIE SANS FIL
M. Ducretct a réalisé en 1898, du haut de la Tour, d'intéressantes expériences de télégraphie sans fil qui ont été communiquées à l'Académie des Sciences. Nous en reproduisons le compte rendu (7 novembre 1898) :
« Les essais de transmission entre la Tour Eiffel et le Panthéon, que j'ai commencés le 26 octobre, ont été suivis jusqu'à ce jour. La distance franchie est de 4 Âm et l'intervalle est occupé par un grand nombre de constructions élevées; les signaux reçus au Panthéon ont toujours été très nets, même par un brouillard assez épais; il est donc possible d'affirmer qu'avec les mômes appareils cette distance pourrait être sensiblement augmentée.
« Le poste transmetteur^ installé sur la troisième plate-forme de la Tour Eiffel, comprenait : une bobine de Ruhmkorff de 25 cm d'étincelle, actionnée par mon interrupteur à moteur et un interrupteur à main, pour forts courants, produisant les émissions intermittentes de décharges oscillantes entre les trois sphères d'un oscillateur. Une des sphères extrêmes de cet oscillateur était mise en communication avec l'extrémité isolée du fil radiateur suspendu dans l'espace jusqu'à la plate-forme intermédiaire ; l'autre sphère extrême était reliée directement à la masse métallique de la Tour, jouant ainsi le rôle de terre.
« Dans ces conditions, la longueur de l'étincelle entre les sphères
de roscillateur est beaucoup diminuée, sans doute parce que le fil radiateur, au voisinage de la Tour métallique, acquiert une grande capacité.
« L'appareil récepteur était installé au Panthéon, sur la terrasse audessus des colonnades.
« En se plaçant dans les conditions inverses, le Panthéon devenant transmetteur et la Tour Eiffel réceptrice, on n'obtint aucune réception d'ondes; le voisinage immédiat de la Tour métallique et du fil vertical collecteur annule l'effet des ondes qui devraient agir sur le radio-conducteur. »
Nous devons ajouter que ce dernier phénomène peut simplement tenir à certaines circonstances de l'expérience qu'il est possible d'écarter. Les essais faits sur les grands cuirassés, qui forment des masses métalliques bien plus considérables, semblent en fournir une preuve convaincante.