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par M. A. Cornu.
Il était naturel de penser que, dans une direction horizontale, Tatmosphère terrestre absorbait les mêmes radiations et produisait les mêmes raies spectrales, dites telluriques^ qu'on observe dans le spectre solaire. L'existence de plusieurs groupes telluriques dans le spectre d'un faisceau électrique projeté de la Tour Eiffel sur l'Observatoire de Meudon a été, en effet, signalée par M. Janssen [Comptes rendus de V Académie des Sciences^ t. CVIII, p. 1035) ^^ présentée comme une démonstration de l'origine terrestre des groupes A et B, ainsi que de quelques bandes dues à la vapeur d'eau.
Je me suis proposé de relever minutieusement, sous une forte dispersion, la série des raies sombres observables dans le spectre des faisceaux électriques émis du haut de la Tour, et de les comparer avec celles figurées dans les cartes spectrales que j'avais publiées antérieurement (i). C'était, en outre, une vérification directe et précieuse de la méthode du balancement des raies qui m'avait conduit à distinguer individuellement les raies d'origine solaire et celles d'origine terrestre, dans les groupes de raies les plus compliqués du spectre solaire.
L'étude a été entreprise à l'École polytechnique, dans le local et avec les appareils qui m'avaient servi aux recherches de spectroscopie solaire. Cette étude, commencée le 24 octobre 1889, en utiHsant, d'abord simplement, la lumière du phare à éclats du sommet de la Tour, fut poursuivie avec le faisceau d'un des projecteurs de 90 cm de MM. Sautter et Lemonnier, que M. Eiffel eut l'amabilité de faire diriger de 8 heures à 10 heures sur l'École polytechnique du 27 octobre au 6 novembre, jour
(1) Sur les 7'aies telluriquca quon observe dans le spectre solaire au voisinage des raies D {Journal de l'École polytechnique, LUI" cahier, p. 175-212, i883j. — Étude des bandes telluriques, a, B et A du spectre solaire {Annales de chimie et de physique, 6* série, t. VII, p. 5-i02, 1886).
de la clôture de TExposilion universelle de 1889 et de q-E
rextinclion des projecteurs. La distance de la Tour à ~H
rÉcole, relevée sur un plan de Paris au 'est d'en- 1
' i2.j;oo E
viron 4.550 m. " ^
L'agent chargé du projecteur reconnaissait immédia- $^
tement le point de l'horizon vers lequel il devait diriger et -|
maintenir le faisceau. A cet effet, j'avais disposé, à §^^
demeure, près de la fenêtre de la mansarde du Pavillon ^ ^^ ^
des Élèves où étaient installés mes appareils, une grande " J^
lentille de 23 cm de diamètre et de 45 an de distance g-|
focale : elle avait été réglée, de jour, par la condition -|
d'amener l'image focale de la galerie supérieure de la Tour -~| ,
dans le plan moyen de la flamme d'une lampe modéra- ^ 'ÊB
leur qu'on allumait au crépuscule, ce qui permettait de J™i « vérifier le réglage.
La réciprocité des foyers conjugués de la lentille assurait l'envoi d'un faisceau de lumière qui couvrait toute la galerie où les projecteurs étaient en batterie : l'agent préposé à leur manœuvre apercevait dans la direction demandée un disque extrêmement brillant, impossible à confondre avec les points scintillants de l'horizon. Un
verre rouge interposé près de la flamme rendait la distinc- 1"!
tion encore plus facile. ^
J'ai employé, suivant les circonstances, quatre spec- ^ e
troscopes de dispersion croissante : ©=
I* Un spectroscope à vision directe de Duboscq avec |
échelle latérale; i^
2** Un goniomètre Brunner, muni de deux prismes de 'î
quartz et d'objectifs quartz-fluorine de 50 c/7i de distance '^ E
focale pour la photographie des spectres; oj
3*^ Le même goniomètre muni d'un prisme de Flint ^
et d'objectifs Crown et Flint de 45 cm de distance focale; §~e
4** Enfin un grand réseau plan de Rowland observé "Ë
avec un collimateur de i m et une lunette de 1,40 ???. ~
La fente du collimateur était éclairée par l'image du projecteur de la