TRAVAIL MÉCANIQUE DANS LA MONTÉE A PIED
Par le D"" A. Hénocque,
Directeur adjoint du Laboratoire de Physique biologique de l'École des Hautes-Études au Collège de France.
Introduction.
Lorsqu'on monte par les ascenseurs à la terrasse de la 3* plateforme de la Tour (278 ;;?), l'organisme est influencé par les différences de l'altitude, de la température, de la ventilation; mais, quelle que soit la variation de ces conditions, les ingénieurs, les employés, les visiteurs, tous ceux qui sont transportés en ascenseur au-dessus de la 3' plateforme, là où sont situés les laboratoires, ont constaté qu'ils éprouvaient une impression en général analogue. La respiration devient plus ample et plus facile ; le pouls bat plus rapide, puis devient plus régulier et plus résistant. En même temps, ils ressentent un sentiment de bien-être, d'activité générale, d'excitation. La satisfaction d'un isolement sur un plateau où se développe un aussi vaste horizon, et où règne un air d'une
grande pureté et particulièrement vivifiant, détermine, principalement chez les femmes, une excitation psychique se traduisant par la gaieté, des conversations animées, joyeuses, le rire, Tattrait irrésistible à monter plus haut encore, jusqu'au drapeau, en somme une excitation générale qui rappelle aux voyageurs celle que provoquaient chez eux des ascensions dans les stations de hautes montagnes. Pour peu que le séjour au sommet se prolonge, cette impression s'accentue. Il se produit une sensation d'appétit remarquable; en même temps, l'esprit étant occupé par ce splendide spectacle, la notion de la durée du séjour s'affaiblit singulièrement, alors s'augmente le désir de prolonger le repos et cette contemplation.
Ces effets, dus à un transport rapide et sans fatigue dans une couche atmosphérique située à joo m au-dessus du sol, dont elle est complètement isolée, méritaient d'être étudiés avec soin. J'ai fait, dans ce but, de nombreuses observations qui m'ont fourni des résultats intéressants que l'on ne pouvait soupçonner a priori. J'exposerai ici la partie la plus importante de ces recherches en étudiant successivement les principaux phénomènes de modification dans la circulation et la respiration. J'examinerai surtout les modifications produites dans un des phénomènes physiologiques qui les résume toutes, l'activité de réduction de l'oxyhémoglobine, c'est-à-dire l'activité des échanges respiratoires entre le sang et les éléments des tissus. Les résultats obtenus par cet examen spécial sont beaucoup plus concordants et plus démonstratifs que les constatations de la fréquence du pouls et de la respiration.
§ 1. — Travail mécanique dû à Fascension à pied.
En étudiant les phénomènes relatifs de la réduction après une montée à pied par les escaliers, j'ai eu l'occasion de faire des observations, qui ne sont pas sans intérêt, sur les conditions dans lesquelles s'effectue cette montée et sur le travail mécanique qui y est développé.
Je ferai remarquer que la Tour, par le développement exceptionnel d'un escalier presque continu, se prête particulièrement bien à des recherches de ce genre.
C'est le résultat de celles-ci qui est indiqué ci-après.
A. — Travail niécanique dû à la montée.
La montée à pied à la j* plate-forme de la Tour comprend une ascension verticale de 277 w?, et un parcours horizontal sur les escaliers et les plates-formes de 438 ???, suivant le tableau ci-dessous.
Tableau des données relatives à la montée à pied.
DâSIONATION
Altitude du pied des escaliers (sol
de rintérieur des piles)
Première plaie-forme
Parcours horizontal sur celle-ci . .
Deuxième plate-forme
Parcours horizontal sur celle-ci . .
Plate-forme intermédiaire
Parcours horizontal sur celle-ci . .
Troisième plate-forme (terrasse) . .
Sommet