SUR UN ANCIEN COUTUMIER DE PICARDIE
l'auteur l'occasion de rédiger les coutumes de son pays; mais voilà tout Aussi chacune des rubriques que je viens de transcrire sur le manuscrit, comprend-elle un ou plusieurs titres, comme par exemple : de cas de criesme; d' enfans demourans sans père; d'appel de grief entre signeur et hommes, etc.
Sous ce dernier titre on lit cette décision, qui était au reste généralement admise dans la France féodale, qu'entré le seigneur et son homme il n'y avait point d'appel de grief, si ce n'est de défaut de droit ou de faux jugement. On pouvait appeler, sans doute, mais à une condition : c'était de faire de l'appel une accusation criminelle contre le juge. Et , en effet , au moyen âge , appel signifiait accusation ; appeler était synonyme d'accuser. Si l'accusation était fausse , c'était félonie, et le vassal en perdait son fief; si l'accusation était juste, c'était, de la part du seigneur, un manquement à la foi réciproque qui constituait le lien féodal, et il en perdait son homme : celui-ci , désormais , devait tenir sans moyen du seigneur supérieur.
Après les divers titres composés à l'occasion des assises tenues dans les diverses cours du comté de Ponthieu, l'auteur en ajoute d'autres, qui servent de complément à son ouvrage et sont rangés sous cette rubrique générale : «Chi « après ensièvent notaule sur les coustumez de Pontieu, de « Vimeu , des castelleries de le baillie d'Amiens et de aultres « lieux, de quoi on use communément.11
Enfin , sous celte rubrique : « Che sont les coustumez et « li usage de le chité d'Amiens», se trouve une suite d'articles sur la juridiction du maire et des échevins de cette ville, et les limites de cette juridiction avec la justice lemporellc de Pévéquc; sur l'élection du maire et des échevins,