Déduction générale du droit naturel ... W»l
d'après le point de vue wst. par m. stahl. 535
La science n'est donc pas réduite à classer et à revêtir de formules les vérités révélées : il lui reste un grand nombre de vérités à découvrir et à constater par elle-même. L'organisation de l'Etat et de l'Eglise, l'idée de chaque institution , de chaque relation humaine, la. fin que Dieu lui a prescrite, tout cela doit être étudié et décidé par elle, et le mysticisme le plus outré pourrait seul lui contester celte mission légitime.
La science ne doit pas davantage renoncer à l'indépendance de sa mélhode: point de conviction ferme et éclairée sans libre examen. Aucune tentative n'est proscrite , celle du rationalisme pas plus que toute autre; elles ne sont condamnées qu'après l'épreuve, si elles sont trouvées impuissantes et vaines. La science n'est pas la foi; elle ne doit admettre qu'après avoir trouvé dans l'harmonie des faits de l'observation et des lois de l'intelligence une raison suffisante d'admettre : heureux seulement celui qui peut conserver la foi dans le cours de cet examen désintéressé.
L'univers est une grande énigme : il n'y a qu'un mot à cette énigme , et ce mot , le christianisme le donne. Le double rôle de la philosophie chrétienne est d'éprouver et d'écarter toutes les théories diverses qui prétendent vainement à l'explication universelle, et puis de vérifier par l'applicatiou l'explicatiou donnée par le christianisme.
Toute cette exposition critique des théories actuelles de la philosophie du Droit est elle-même chrétienne
dans l'intention de l'auteur. De fait elle n'est toutc-
536 Résiné de la philosophie du droit, etc.
fois que théiste, puisqu'elle ne repose encore que sur le dogme de la personnalité de Dieu, et non sur les autres dogmes du christianisme. Mais elle trouvera plus tard son complément légitime. 1
1. Ce complément se trouve dans le 2/ volume de l'ouvrage de M. Stahl, dont M. Klimratb se proposait de donner également un résume.