Le Voyage de Sparte, p
LA FIGURE SOCIALE
qui m'oriente vers Athènes m*est venue de mon dehors plutôt que de mon cœur profond ^» » Il faut en etfet, à Athènes, s'abandonner à certaines puissances de curiosité libre et désintéressée. « Qu'il arrive vite, le temps où des beautés derrière nous seront seules pleines, touchantes, sérieuses ^ ! » Mais d'autre part « jusqu'à mon extrême fatigue mon intelligence voudra chercher et conquérir des terres nouvelles, pour que mes activités profondes s'étendent, s'enrichissent, s'expriment par des formes de vie plus saisissantes. » L^s deux rythmes de l'arbre, celui qui l'enfonce dans la terre, celui qui l'étend dans la lumière, reproduisent, allégorisent le dualisme, les directions de vie double que nous remarquions chez M. Barrés. Mais l'arbre ne se nourrit pas, ne prospère pas, sans cette diversité à ses racines, cette chimie complexe et savante du terreau que l'acte même de la vie est de surmonter, de prendre pour moyen d'une unité vigoureuse et tendue. Cette unité M. Barrés la cherche, plus qu'il ne la trouve, la voit plus qu'il ne la vit. Merveilleuse condition pour idéaliser l'arbre, pour en faire cette œuvre d'art, ce totem de la vie harmonieuse. Image littéraire, un peu, jardin du voisin plus que propre jardin. « De la petite table où j'écris..., je vois, dans le jardin de mon voisin, un grand arbre, grave et patient sous la neige... »