‹ Trente ans de vie française (volume 3)Chapitre 182 sur 256 · Leurs Figures, p · texte numérisé non relu

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LA VIE DE MAURICE BARRÉS

intérêts auprès des bureaux. C'est lui qui, après le boulangisme, maintient le lien de la petite équipe lorraine, — des cinq qui restent — les appuie dans les ministères pour leurs affaires personnelles, s'entremet pour les protégés et même pour les idées du traditionaliste Saint-Phlin. C'est lui qui a défendu Racadot, sauvé Mouchefrin, tout en s'élevai t sur leurs épaules au moment où ils s'enfonçaient. Dans le clan lorrain, il conserve par le seul poids de son égoïsme intelligent de l'ordre politique, dé l'ordre social, de l'ordre local. Il faut à tout groupe français, pour subsister, non seulement la présence d'une loi, mais d'une action de légiste. Les légistes qui ont collaboré avec la monarchie française, avec la terre de France, aujourd'hui sur la nation décapitée et sur la forêt déracinée sont seuls. De même qu'un Gallant de Sàint-Phlin peut êti^e regardé comme préposé à la continuité d'une tradition vivante, un Suret-Lefort maintient, dans un ordre sec, abstrait et nécessaire, du même fonds qu'un Mole, un Talleyrand et un Fouché, la continuité de l'Etat, l'armature à la fois logique et animale de l'association humaine, et ces puissances de ruse, poison qti 'utilise en aliment ou en femède le corps d'une nation.

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