‹ Trente ans de vie française (volume 3)Chapitre 36 sur 256 · Amori et Dolori sacrum, p · texte numérisé non relu

Amori et Dolori sacrum, p

LA VIE DE Maurice bàrRès

ser rmtelligénce. Pas d'intelligence sans une critique de riritelligence : depuis Sotrate tôlit intellectualisme l'admet. M. Batrès dirait Volontiers, peut-être; de l'ititelligencë ce qlie Héirédia disait de la poésie : « Ce li'èst que l'une de iiies élégances. >> Ent'ehdons-lë ku meilleur sens. Il est élégant que l'intèlligehcë reconnaisse les profondeurs sensibles sur lesquelles elle est frâgilement portée, il eét élégant qu'elle àf^erçoive èés limites;, tju'blle soit firémùniis cohtrë les ihfirniités et les infatuations où elle peut glisser. Il fest élégant qu'elle s'fetidërmè et s'otiblië parfois comme les chevaliers broisés dans les palais d'Oriëtlt : ùtie race de Gâsmùlès peut eti naître.

On a vil comment alternaient dans là sehsibilité véhémehte et riche de M; Barres tension et détente, cruauté sèche qui le rétracte en lui; amour, pitié, larmes, cjui le ré{)ândënt vers, iinë sorte de panthéisme oriental et de niblle f^eligion syriërihe. Il est allé à Byblbs bii les fëinmeè pleuràietit Adonis, et il nous dit quelque part qu'il i^fe thburrà pas sâhé avoir vu Keîrbëla « qui biit le sang des Alides » et boit chaqUë àritiéë le sang que de leiii-s corJDS tailladés les Persans fot>t hduler pdur Ali: L'Orient illUstre polir lui le hioiidë vbluptueUk dès larmes, mais à l'horizoh de la Grèce il n'a aimé vràitnent que là fléUt dure de fer et d'or, Sparte .11 a marché eoiitré l'AcirbiDole ëvec Xerkès et avec celui que Renan appelle « l'infâme Lysaridre >^. Je saié des humatiistéâ farouches qui le regardent de l'œil dont les Tàrasconnais voyàifeiit Tàrtarih après qU'il eût tiré sUr la mère-grand. Je le fêlifcitërais plutôt d'avoir fait sëritir que Sparte n'appartiëtit pàé ëkclUsiVémbnt à Id Prusse : mais qui sait si . dans deux mille ans un dilettante bieii bàrrésieh n'écrira pas sUr les rriênies thèmes Un . Voyage de PotsJaih ?

« Aux attraits que cette noble cité offre à tous les passants, je substituai iilàchinalement une beauté plus sûre de me plaire, une beauté selofi moi-mêrhe ^. » Ainsi parle M. Barrés de Venise. Il a éprbuvé iqu'à Athènes cela n'est absolurrierit pas permis ; lotsque CâliguM voulut substituer sa tête à celle du Jupiter Ôlyrnjjieri, lé dieii, dit-on; éclata de rire. Mais à Sparte M. Barrés a ses coudées frariches : riëH n en reste à peu près qu'un paysage spléhdide et un grand hbiiii matière passive aujourd'hui et table rase qui prendra comme un étang sous les nuages les formes de l'esprit qui passe. Puis Athènes est le champ de la culture littéraire, repensée, indirecte. Alexandrie en

Un Homme Libre^ p. 1 77.

LA IFIGURE IIsIDIVIDUELLE

émane naturellement. Sparte, comme Tblede, est le lieu dé l'être, du direct. « Deux bras nus nous saisisserit l'âme. »

Du rhême fonds et dans le même ordre, M. Barres s'est appliqué à « jouir de là Chambre comme du lieu d'une grande tragédie spirituelle. Les flots d'uii immense océan, les vagues de rhistoii"e et les éteriièls instincts de notre nation composite s'y épandent et jouent sous riotre regard. C'est la beauté dfes grands paysages chargés d'histoire où pour riia part je trouve plus de plaisiir que devant aucune œuvre d'art.

« Il arrive dâhs la vie un jour du l'on voit à ciru et à riii cle que c'est qu'un poète. Un pôëte c'est un homme qui possède l'art de fixer un frisson et de dohtier un caractère d'iiritensité et d'éternité à ce qu'il sait éphémère et superficiel ; c'est un homme enfin qui coule une existence où les mots le dispensent des actes. Quand oh a sèfiti cela jusqu'à la nausée on se détourne des génies individuels et l'on cherche la poésie dans la iiàtùre ist les collectivités ^. ^>

Il y a ainsi che^ M. Barirès ùh mduvbhiént feéiiéral pour déclasser sbùs les Vialeùî's de la vie le livresque et le littéraire. Un nioùVemeht qui se continue à travers les plans différents qu'il traverse. « Enire Mégàre ist Çorihthe; aujourd'hui, je déclasse les Poahès AntiTqùes, Barbare^ et Tragiques : je les rangerai dorénavant sur le rayon que préside BoileàU. Nul n'est poète s'il n'a des ailes... ^ » A son tôùir le poète ailé, h moilde des ihots, sont déclassés sous h monde des actes, Sous le mystère des foules (le titre du roman que M. Paul Adam fit sortir de la mêriié càmpâghe électoinàle liancéenne qui produisit chez M. Bàrirès le Jardiïi de Bérmîce). Le Jatêifi cherchait la .J)6ésie daiis la nature et les collectivités ; plus tard M. Barrés, de 'Leurs Figures à Y Union Sacrée, h. cherche, rabique ou idyllidùe, dans uile foule, parlementaire ou autre, c'est-à-dire dans du vrai, du vivant fet du nu. Une Bérénice de Tolède, un Voyage de Sparte, suivent ce même fil.

Le Voyage de SpaHe soxà sbil aj^iiarent désordre témoigne d'une composition extrêmement adroite. Tous les morceau^ qu'y fait entrer du dehors M. Barrés pour étoffer un carnet de voyage trop maigre s'àdaptieht lés lins àlix autres. Le chapitre sur l'Assassinât de Capo d'ïstria à Nauplie, pareil aux morceaux que Stendhal aimait tirer deS chroniques italibnhes, pifétehd nous mettre dàt\s les àpî^roches de

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