‹ Trente ans de vie française (volume 3)Chapitre 48 sur 256 · LA VIE DOUBLE · texte numérisé non relu

LA VIE DOUBLE

Un moi, une destinée, nous apparaissent comme un héritage si nous les regardons dans leur source ; mais on peut se plaire davantage a les considérer dans leur cours, à les suivre comme Sturel et Saint- Phlin suivent la vallée de la Moselle, à les éprouver en leur durée comme une vie. M. Barrés est un grand vivant, l'artiste le plus rare et le plus expert à faire rendre à la vie tout ce qu'elle peut de donner en délicatesse et en force, en connaissance de soi et en puissance sur soi. Nous lui devons d'avoir approfondi et nuancé nos valeurs de vie, d'avoir renouvelé ou tout au moins cultivé parmi nous quelque chose de grec, cette action sur la vie conçue comme une œuvre d'art, composée ou disposée selon une suite intelligible... Qualis artifex ! cette idée d'une existence construite, artificielle qui se réalise sur des registres

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