‹ Trente ans de vie françaiseChapitre 17 sur 154 · Introd. à la trad. du Pragmatisme de James, p · texte numérisé non relu

Introd. à la trad. du Pragmatisme de James, p

LE BERGSONISME

réalité^. » Ainsi c'est la science elle-même qui nous a donné des exemples d'une approximation de plus en plus adéquate du mouvement. La dilTérence entre la géométrie des anciens et celle des modernes consiste en ceci que la dernière considère les figures dans la continuité du mouvement qui les décrit, et non plus comme des données statiques. On peut supposer ou plutôt rêver une biologie de cette nature, une science qui serait « une mécanique de la transformation dont notre mécanique de la translation deviendrait un cas peirticulier, une simplification, une projection sur le plan de la qualité pure ". » Si une telle biologie est probablement impossible pour des intelligences constituées comme la nôtre, ia psychologie, et surtout la métapnysîcjue, cette psychologie de l'univers, nous permettent de suivre plus librement cette voie

La science a eu beau s appliquer à des considérations de mouvement qui étaient étrangères aux Grecs, elle est restée captive des conditions et de la nature mêmes delà géométrie, dont Descartes ne renouvelait que la fieur, et non ia tige. Elle a vu le mouvement à travers la portion d espace qu'il parcourt, qui sert à le mesurer et à l'utiliser, et sur cette confusion du mouvement et de l'espace qui le sous-tend sont bâtis les arguments de Zenon d'Elée. Les arguments de Zenon n'étant qu'un artifice dialectique peuvent être réfutés par d'autres artifices dialectiques, ceux par exemple qu'ont employés Aristote et Leibnitz. Ils n'ont d'intérêt que comme petits postes, qu'il est toujours facile d'enlever, d'une ontologie absolutiste, celle de Parménide, sorte d'hyper-spinozisme où tout est donné statiquement, ert acte, dans le repos, l'identité, I éternité de l'Etre. Si on laisse de côté ies philosophies négatives, celles des sophistes et des sceptiques, le bergsonisme, qui se transperte exactement et point par point aux antipodes de Parménide. figure un anti-éléatisme complet. Il est dès lors naturel que de son pomt de vue il voie tramer sur tout autre système des lambeaux plus ou moins apparents d'éléatisme, qu'il considère l'éléatisme (et le spinozisme qui en est la iorme moderne) comme la somme idéale et parfaite des illusions naturelles à l'intelligence humame Les arguments de Zenon, faits pour défendre l'Etre immobile, conserveront alors :eur valeur retournée contre toute doctrine qui prétend faire procéder de l'Etre immobile, étemel absolu, le mouvement et le changement. Ils foumis-

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