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La Perception du changement, p

LE BERGSONISME

losophie. Expliquerici le monde matériel et là le monde immatériel, c'est trouver les points fixes, les repos par lesquels on expliquera le mouvement et le changement. Le monde a beau être dans un état de perpétuel changement et les atomes toujours en mouvement, l'atome ne change pas, et s'il se meut extérieurement, dans son rapport avec les autres atomes, il ne comporte en lui-même, en son intérieur, aucun déplacement de parties, aucune succession d'états. ■' Là est la ligne de démarcation bien nette entre I intuit:on et 1 analyse On reconnaît le réel, le vécu, le concret, à ce qu'il est la variabilité même. On reconnaît l'élément à ce qu'il est invariable. Et il est invariable par définition, étant un schéma, une reconstruction simplifiée, souvent un simple symbole, en tout cas une vue prise sur la réalité qui s'écoule '

Arrêts psychologiques De même que les atomes sont des arrêts conventionnels, les positions des suppositions arbitraires, ainsi l'une et I autre des deux réalités (images et idées) auxquelles la psychologie associationniste ramène la complexité de ia vie mtérieure ne figurent que des coupes, des suppositions commodes Si on leur cherche une réalité, cette réalité devrait être vue comme réalité déficiente, comme une mterruption. Selon une comparaison qui est familière à M. Bergson, les images marquent plutôt l'interruption de la pensée que l'être de la pensée. Nous ne reporterons notre pensée en images que lorsque nous en interromprons par la réflexion psychologique la circulation naturelle. Notons d'ailleurs que M Bergson, avec sa richesse platonicienne et baconienne de métaphores, semble b:en, en même temps qu un moteur comme Montaigne, un visuel, mais ce philosophe visuel est plus encore un visuel philosophe, réfléchi! sur les images de sa pensée, cherche leur origine et leurs sources dans le courant qui les dépose et les dépasse. Il s efforce de déduire ces formes visuelles de sa pensée, comme la mathématique moderne engendre par un mouvement les figures géométriques, les saisit ains^ plus près de leur source, de leur être. Montaigne, l'homme dont les images et l'intelligence sont les plus proches de celles de M. Bergson, nous paraît, lui, un moteur né, un moteur spontané ; M Bergson, visuel, se ferait plutôî moteur par réflexion, en recherchant subtilement le clinamen par lequel se sont infléchies, pour être, ses images. Cette analyse de l'image va d'ailleurs très loin, jusqu'aux racines métaphysiques. Parmi les images où s'arrête notre pensée, il y en a une privilégiée qui est notre corps.

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