‹ Trente chansons bourguignonnes du Pays de BeauneChapitre 100 sur 139 · QUAND J'AI SORTI DE MON VILLAGE · texte numérisé non relu

QUAND J'AI SORTI DE MON VILLAGE

SAULX-LE- DUC (vers 1825)

Î Quand j'ai sôti de mon villaige, J’aivois quinze ans:

J'etois hébillé d’pied qu’en caige, Comme i galant.

J’aivois i bia chaipia de peille, Long et pontiu, Que le curé de mon villaige M'aivoit vendu.

J’aivois ine bell’ craivette, Longue et carrée, Que Mairie, mai tante Guillmette M'aivoit baillee.

#4 J'aivois in’ bell’ veste roaige, Des pus joulies, 1 ressembiô i capitiaine D'ifanterie.

J'aivois ine bell’ culieutte.

Teute de pia, Que j’aivois treuvée teute neuve Dans n'’i terria.

Quand j'étois vez man mie Diodèegne, Ran que non deux, Ran que non deux, Ma ran que non deux … 1 li disois que non pillonnes Fasint des œufs !

Quand j'ai sorti de mon village, J'avais quinze ans:

J'étais habillé d'pied en cap, Comme un galant.

J'avais un beau chapeau de paille, Long et pointu, Que le curé de mon village M'avait vendu.

J'avais une bell’ cravate, Longue et carrée, Que. Marie, ma tante Guillmette, W'avait baillée.

J'avais un’ bell’ veste rouge, Des plus joltes, Je ressemblais un capitaine D'infanterie.

J'avais une bell’ culotte, Toute de peau, Que j'avais trouvée Voute neuve Dans un cuveau.

Quand j'étais vers. ma mie Claudine, Rien que nous deux, Rien que nous drux, Mais rien que nous deux … Je lui disais que nos pigeonnes Faisaient des œufs !

IOI

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