TROUVÉE DANS LE CAMP D'ISLY
Cachet de l'empereur.
Louange à Dieu tiniqiie.
Que Dieu répande ses grâces sur notre seigneur Mohammed, sur sa famille et ses compagnons I
A nos serviteurs les moudjehedin (guerriers dans la voie de Dieu) qui marchent avec notre fils bien-aimé, Sidi Mohammed (que Dieu le protège !).
A vous tous mes sujets arabes et berbères ; que Dieu vous inspire le bien ! Salut à vous et bénédictions.
Sachez qu'après la croyance en Dieu l'action la plus méritoire est la guerre contre les infidèles. Nulle pi'ière, nulle aumône, nul sacrifice ne vaut cette guerre aux yeux de Dieu. Les illustres khalifes du Prophète nous en ont donné l'exemple, et nous lisons dans le Coran mille versets dans lesquels Dieu nous commande de combattre l'impie et par lesquels il promet à tout musulman qui aura pris part à la guerre sainte, le bonheur dans cette vie et dans l'autre.
Dans combien de chapitres de son saint livre Dieu ne nous répète-t-il pas : c( Ceux qui abandonnent leur pays et combattent dans le sentier de Dieu auront droit à nos félicités éternelles.
ce Ceux qui sacrifient leur vie ici-bas, ceux qui combattent le combat de Dieu, qu'ils succombent ou qu'ils soient vainqueurs, auront droit à des récompenses éternelles dont vous n'avez pas l'idée.
c( 0 croyants, mettez votre confiance en Dieu et fondez sur l'ennemi. Dix musulmans doivent terrasser cent chrétiens.
c( 0 croj^ants, si vous voulez que Dieu vous assiste au grand jour du jugement, combattez dans ses voies.
c( Que peuvent les infidèles contre la puissance de Dieu ?
c( 0 croyants, combattez les infidèles et exterminez-les jusqu'à ce qu'ils demandent l'aman et payent la dia. »
Telles sont les paroles de Dieu recueillies dans le saint Livre.
Et si nous vous répétions les hadith de notre seigneur Mohammed qui nous ont été transmis par les grands Imans :
(( 0 musulmans, si vous voulez que Dieu vous pardonne vos péchés et vous préserve des punitions de l'autre vie, combattez les infidèles partout où vous pourrez les rencontrer.
Et vous qui ne pouvez les combattre, un pas que vous ferez pour augmenter le nombre des combattants vous avancera de mille pas vers les récompenses ét3rnelles.
Et Sid El Bokhari nous répète qu'un draham (1) donné pour aider à la guerre sainte vous rapportera mille dinars ("2).
Et ailleurs le prophète a dit : « Le paradis se trouve à l'ombre du sabre qui frappe l'infidèle.
c( Qui meurt en combattant l'infidèle sera placé dans le paradis où coulent des ruisseaux de miel et de lait et sera entouré de femmes exemptes de toute souillure au milieu d'ombrages délicieux. »
Ailleurs : C( Un jour passé devant l'ennemi de Dieu est préférable à
(1) Monnaie de cuivre de moindre valeur.
(2) Xoiinaie d'or du prix le plud élevé.
toutes les richesses du monde, et les richesses du monde ne valent pas la plus petite place dans le paradis. »
Levez-vous donc, ô musulmans, écoutez la voix de Dieu et de son Prophète et suivez notre fils bien-aimé Sidi Mohammed, qui va combattre pour la gloire de Dieu à la tête d'une armée formidable de guerriers saints ; allez et que le vent de la victoire fasse flotter les étendards de l'Islam, allez avec la bénédiction de Dieu.
Donné en notre sainte ville de Mequinez.
Le 3 (le Redjib 1260 (19 juillet 1844).
NOTE YI.
■CORRESPONDANCE DE l'eMPEREUR MOULEY ABD-EL-RAHMAX AVEC SON FILS, TROUVÉE A ISLY.
Lettre de l' empereiu- Mouley Ahd-el-Rahnan au caïd El Arbi hen Mohammed el Rahmani.
Fin de Rébia-el-Aoucl 1260 (16 avril 1844).
Notre serviteur Ben Ali el Guennaoui, caïd d'Oudjda, m'a fait savoir que le chrétien se dirigeait vers Oudjda avec ses armées pour avoir une solution au sujet de ses différends avec Abd-el-Kader. Il dit que ce dernier a pillé les tribus qui l'ont aidé lui chrétien ; il réclame de nous des indemnités pour tous les dommages causés par Abd-el-Kader depuis le jour où il est entré sur notre territoire et que, s'il n'obtient pas une satisfaction à ce sujet, il s'emparera d'Oudjda et s'établira définitivement à Maghrnia. Je ne sais si ces nouvelles sont véritables ; mais dans tous les cas il ne faut jamais avoir confiance dans son ennemi qui tâche toujours de tromper, et le meilleur parti à prendrC; c'est de se préparer à lui résister ■et de l'intimider par la fermeté; Dieu a dit : « Mettez-vous en mesure et je vous aiderai. » J'ai ordonné qu'on envoj'ât à, mon fils Sidi Mohammed 600 cavaliers choisis pour qu'il les fasse arriver près de vous accompagnés de 1,000 cavaliers de l'ouest des Berbères Beni-Hassan et avec un chef qui saura bien les conduire. Je lui avais déjà ordonné de vous envoyer à Oudjda six cents hommes moitié fantassins, moitié cavaliers. Si les six cents cavaliers vous sont arrivés, envoyez-les au milieu des tribus de votre gouvernement pour les forcer à se lever pour la guerre sainte, sui-
vant l'ordre qui leur a déjà été donné ! Ajournez la rentrée des impôts de toute nature et ne demandez que des chevaux aux tribus éloignées. Nous avons ordonné à notre parent de se lever aussi pour la guerre sainte avec tous ses cavaliers et ses fantassins. Lorsque tous ces contingents de l'ouest, Arabes et Berbères, seront réunis, arrivez à Oudjda et si l'ennemi de Dieu s'est livré aux désordres que l'on m'a annoncés , opposez-lui la force et la puissance de l'islamisme. S'il vous écrit , répondez-lui avec la fierté et la fermeté qu'inspire la religion et s'il commence les hostilités , répondez-lui par des hostilités. Si son langage est doux et s'il vous parle d'Abd-el-Kader , répondez-lui : Le débat est entre vous et lui. Il n'est ni dans nos mains ni sous notre commandement, les tribus qui l'ont reçu ne sont jjas sou7mses et n'écoutent j^a s nos ordres, afin qu'il se contente de ces paroles. Parlez ensuite à Abd-el-Kader avec douceur et en secret et insinuez-lui qu'il doit partir de notre empire pour se rendre dans le désert; qu'il mette ses gens en sûreté de manière à ce qu'il n'offre au chrétien que le poitrail de ses chevaux, II se trouvera plus à l'aise et notre empire recouvrera la tranquillité. S'il refusait et persistait à rester c il se trouve, parlez-lui avec fermeté et rudesse et dites-lui qu'il aura à se repentir des malheurs qu'il attirera en excitant son ennemi contre nous sans que nous puissions obtenir de bons résultats. Si l'ennemi de Dieu n'a pas dépassé les limites, s'il n'a pas bâti à Ivlaghrnia, montrez vos forces aux populations, faites-les rentrer dans le devoir et attendez que le bruit des pas du chrétien ne s'entende plus. Après cela, prélevez les impôts, tranquillisez le pays, et ramenez tout dans le camp en ne laissant que la garnison habituelle à Oudjda. Je vous envoie Ali-ben-el- Taïeb-el-Guennaoui, qui connaît parfaitement le pays. Entendez-vous avec lui, ne faites qu'un dans vos conseils et vos actions pour mieux repousser votre ennemi. Salut. »
Lettre de l'empereur à sonjils adressée de Maroc à Fez,
Dernier jour de Djoumedel Teni, 1260 (15 juillet 1844).
Vous recevrez avec cette lettre une note du consul anglais , adressée à Ben Driss, dans laquelle vous remarquerez six points principaux. Comprenez-en le contenu.
J'ai donné l'ordre à JBen Driss de nouer avec la nation française (que Dieu l'extermine !) la paix telle qu'elle existait, sans rien y ajouter. Nous nous sommes arrêté à ce parti , parce que , grâces à Dieu , ces conditions ne sont point désavantageuses et qu'elles tournent à la gloire de l'islamisme.
Si vous êtes en marche, arrêtez-vous à Taza et n'allez pas plus loin ni vous , ni aucun de ceux qui sont avec vous , quand bien même votre camp vous demanderait de marcher en avant. Envoyez l'ordre aux corps d'armée qui sont près d'Oudjda, Arabes et autres, de ne rien entreprendre contre l'ennemi. Nqus avons cru obéir à Dieu en penchant vers la paix puisque, de son côté, l'ennemi la demandait. D'ailleurs, en faisant la paix nous avons servi les intérêts des musulmans du Maroc, qui sont faibles, et qui n'ont pas de forces qui puissent les mettre à même de refuser les conditions que l'on nous propose. C'était, du reste, l'habitude de nos ancêtres, qui, cependant, lorsqu'ils faisaient la guerre sainte, terrassaient mille combattants chrétiens avec cent combattants musulmans. Nos Arabes sont nombreux, mais leur foi est faible; on ne peut compter sur eux pour la bataille. N'ai-je pas appris que les Chaouïa ont manifesté une grande joie, lorsqu'ils ont suce qui était arrivé à Oudjda (1)? Ils se sont mis à danser le lia'idouz (2), et à pousser les cris de Voulouil (3) Quelle est la cause de cela? L'injustice de leurs chefs et la faiblesse de jur foi. Et celui qui se conduit ainsi fera-t-il face à notre ennemi d'Algérie qui compte 90,000 combattants, et qui, après le combat livré près d'Oudjda, s'est grossi de 21,000 autres ? Il n'y a que la paix qui puisse nous convenir, d'autant mieux que c'est le chrétien qui a prié et demandé pour l'obtenir à deux conditions , la première de punir les chefs d'Oudjda qui sont venus le combattre, ce que j'ai accepté ; la deuxième de rendre les gens qui, de chez lui, sont passés chez nous. Je ne suis pas d'accord avec lui pour cela, et je lui ai fait dire : c( Ne demandez pas ceux qui de chez vous sont venus chez nous ; je ne demande pas ceux qui sont allés de chez moi chez vous; » parce que je sais qu'il n'y a pas un musulman qui soit capable de fuir chez les infidèles, et d'abandonner sa religion. Si quelqu'un des nôtres va cliez eux, c'est un homme souillé ; Dieu l'abandonnera. Bénissons Dieu de ce que nous n'avons rien à craindre de la ruse des chrétiens. Je vous ai écrit cela, afin que vous soyez prévenu. Quel est le musulman qui ne désire faire le djehad (gueiTe sainte) pour la gloire de Dieu? Mais avec qui ? Si l'infidèle ne nous attaquait que par terre, je ne lui aurais pas accordé la paix, car, par terre, je ne redoute pas ses efforts contre les musulmans, mais j'ai à craindre poiir les ports qui seuls me donnent des revenus ; et lui (que Dieu le renverse !) il a rempli tout
(1) La défaite des Marocaius à Sidi-el-Oussini, le 15 juin.
(2) Le haïdouz est une danse en rond dans laquelle les lionimc? et les femmes gambadent en se tenant par la main.
(3) Houlouil est le cri aigu que poussent les enfants et les femmes en signe lîe joie. Ces démonstrations de r.'jouissance publi(iue ont lieu avec frénésie.
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le détroit de ses navires ; et tous les infidèles ont saisi un seul arc pour lancer leurs flèches contre les musulmans, de sorte que si nous avons affaire h l'un d'eux, vous verrez tous les autres se ranger de son côté (1).
Extrait rédUjê par Ben Driss de la note à lui remise 2)ar le consul anglais.
Lundi 28 de Djoumad El Teni (13 juillet 1844).
1" Le consul prétend qu'il aime le chérif (l'empereur), que son cœur a les mêmes sentiments que le cœur de la Grande (2) de sa nation et qu'il désire sauvegarder les intérêts de la nôtre. Il prétend que son arrivée n'a d'autre cause que ces intérêts et l'amitié qu'il nous porte. Il nous a dit que les Français, qui auparavant avaient en Afrique 90,000 hommes, viennent d'augmenter cet effectif de 21,000 hommes, que 40,000. hommes sont vis-à-vis d'Oudjda. Ils attendent ce que fera l'escadre de leur nation arrivée dans les ports de notre seigneur. S'ils apprennent que l'escadre a fait la paix et que le mal a disparu, ils s'en tiendront là. Dans le cas contraire, le mal arrivera, les troupes françaises pénétreront dans la province d'Oudjda : le consul demande que le bien soit fait et c'est une chose facile. (Que Dieu confonde leurs projets !)
2° Il a dit que l'escadre française a rassemblé ses navires ; qu'elle arrive sur les côtes du territoire de notre seigneur commandée par le fils du Roi, que ce prince n'a l'intention ni de trahir ni de faire le mal. Il porte son attention sur ses sujets qui habitent sur le territoire de notre seigneur, et sur leurs intérêts ; mais lui, consul anglais, est chargé des pouvoirs de la grande de la nation ^oi<r empêcher les Français de rien faire de désavantageux au Maroc. Le même consul dit qu'il faut que notre seigneur écrive dans ses ports bienheureux qu'ils n'aient pas peur en voyant arriver l'escadre près des côtes et qu'ils ne fassent point de démonstrations hostiles ; qu'il écrive à ses sujets qui se trouvent à Oudjda de mettre un terme à ce qui s'est produit précédemment, jusqu'à ce qu'on ait fait les meilleurs arrangements possible; qu'il y ait en attendant suspension d'action.
(1) L'empereur fait allusion aux navires de guerre envoyés en observation par la France et l'Angleterre, ainsi que par la Suède et le Danemark qui demandaient à être exonérés du tribut qu'ils payaient au gouvernement marocain depuis plus d'un siècle.
(2) La Reine.
3° Il a dit aussi que la base des conditions posées par les Français c'est qu'Abd-el-Kader ben Mahhi-ed-Din ne doit pas être supporté davan- . tage, qu'ainsi se prolongera la paix et la tranquillité. Qu'il ne doit être accueilli par aucune personne du territoire de notre seigneur ; qu'on ne lui doit donner aucun secours pour faire la guerre ; que s'il pénètre dans notre territoire, il faut que notre seigneur l'arrête et le place au fond de son empire, afin qu'il ne puisse plus faire d'incursions ni de dé.sordres dans la province de Tlemcen. Cela devrait se faire s'il rentrait sur notre territoire, mais s'il en sort pour aller ailleurs ou dans le Sahra, ils n'auront rien à dire à notre seigneur. Ils s'arrangeront directement avec lui.
4.^ Notre seigneur devra donner l'ordre aux musulmans de rester tranquilles, chaque tribu chez elle. Aucun rassemblement pour combattre ne devra avoir lieu, soit par ordre de notre seigneur, soit du propre mouvement des tribus, le rassemblement actuel d'Oudjda sera dissous, il ne restera que la garnison habituelle. Les tribus sur la frontière devront respecter les limites mutuelles. Elles s'abstiendront de disputes et d'intrigues. Celle qui désobéira à cette injonction sera punie par les deux puissances.
5'^ Il faut que le camp qui est à Oudjda et qui a combattu en passant les limites, ait ses chefs punis par la destitution, afin que chacun sache que notre seigneur n'a pas autorisé ce qui s'est passé.
6° Le consul anglais, par ordre de la Reine, demande le consentement de notre seigneur pour être l'intermédiaire de la nation de Suède et de Danemarck ; c'est comme le voudra notre seigneui*. Le consul n'a point donné les motifs de cette intervention. Il m'a dit seulement que leur Diablesse lui avait ordonné de demander d'interposer ses bons ofiices pour régler cette affaire. Dieu seul est vrai.
Lettre de l'empereur à sonjïls.
3 (le lldljeb 12«0 (18 juillet 1844).
J'ai reçu les réponses aux lettres que je vous ai envoyées, la première et la deuxième où je vous faisais savoir que vous deviez rester encore dans votre position. Vous m'y annonciez l'évacuation d'Oudjda par sa population à cause de la crainte du chrétien (que Dieu l'abaisse et l'humilie) ; vous me dites c( que son armée est venue dans le voisinage de cette ville et qu'elle a campé dans le lieu même où s'est livrée la grande bataille après' laquelle il s'est retiré, car la victoire est restée aiix musulmans ; voua ajoutez que le chrétien est encore sur notre territoire et qu'il peut s'y installer parce que son armée est nombreuse et parce que
quelques Aiigad penchent vers son alliance. Vous m'afRi-mcz que, cette fois, nos troupes ont eu le courage de combattre le chrétien, et que si on le repousse avec énergie, il se décidera à la paix à des jîrétentions faciles et humbles ; que sinon il les élèvera encore davantage. » Vous avez raison. Il n'y a que la force et le courage qui puissent nous servir contre le chrétien. Ainsi, aussitôt l'arrivée de cette lettre, marchez sous la garde de Dieu vers Taza, unissez vos troupes à celles qui vous ont précédé ; prêchez aux tribus de ces contrées la guerre sainte poiir l'amour de Dieu ; annoncez-leur les récompenses réservées aux saints guerriers; lisez-leur les chapitres du Coran qui traitent ce sujet et les paroles du Prophète.
Lettre de l'emiyereur à son /Ils Sidi 3Iohammed.
5 de Redjeb 12G0 (20 juillet 1844).
Nous avons reçu, votre lettre. Vous nous avez annoncé que l'ennemi de Dieu, le Français (que Dieu le confonde !) avait changé de camp et s'était approché du côté d'Oudjda. Vous nous dites que l'armée triomphante réunie à Fez a éprouvé un grand deuil en apprenant la défaite infligée aux vrais croyants par l'ennemi de la religion : ce n'est pas là ce que nous espérions des guerriers de la foi. Comment un pareil événement ne fendrait-il pas le cœur de tout homme animé delà foi del'Islam ? Aussitôt que vous recevrez cette lettre, partez avec la bénédiction de Dieu pour aller au secours des musulmans et, s'il plaît à Dieu, que votre arrivée leur porte bonheur, sous l'invocation du Prophète, de ses compagnons et de Sidi el Bokhari. Nous vous envoyons cet ordre pour que vous regagniez, sans délai, l'armée des croyants; dépêchez-vous^ car Dieu bénit la promptitude. Nous avons donné ordre aux Béni Oureïl, aux Béni bou Haï, aux Mètalsa,2iws. Ljessoul, aux Branès et à d'autres tribus de l'ouest, Arabes ou Berbères, de marcher avec vous. Guidez-les à la guerre sainte comme la religion et le prophète l'ordonnent.
Lettre de Vemjyerexir à son Jils Sidi Mohammed.
10 de lledjeb 1260 (25 juillet 1844).
Le taleb Bou-Selham ben Ali (1) m'écrit pour m'annoncer que l'ennemi de Dieu, le Français, a enlevé son consul de Tanger, que le consul anglais
(1) Kaïd de Larache chargé de traiter avec les puissances cbrétienues.
KOTES. 487
et le consul d'Espagne se sont aussi retirés, A ma lettre, j'en joins une autre de Ben-Driss (2) et une du consul; lisez-les et comprenez-en le contenu. Il n'y a de force qu'en Dieu ! Cet infidèle se préoccupe particulièrement de l'éloignement de Ben Mahhi-ed-Din (8). Efforcez-vous donc de trouver un expédient pour l'éloigner et pour le chasser. Mais vous ne devez pas paraître là-dedans. Il faut agir secrètement par l'entremise du cheikh Hamdoûn ou autres ; car si cette affaire était connue des tribus de ce pays, son départ et son renvoi deviendraient impossibles, et pourtant cet homme est cause de ce qui arrive ; il a ouvert la porte des intrigues. Entrez en pourparlers avec l'ennemi de la religion j si, dans ses lettres, il vous demande la cause de votre arrivée, dites-lui que vous êtes venu pour veiller à la sûreté de votre territoire, parce que vous l'avez vu chaque jour user de trahison envers nous , et sortir de ses limites. Dites-lui cela et autres choses de nature à ramener la tranquillité et la paix. Souvenez-vous de l'événement de Honeïn (4). Bou-Selham me rend compte que les Djebelias se battent entre eux, mais ne veulent pas aller combattre ailleurs. C'est de cette manière que les entreprises échouent et que celui qui est debout veut aussi se mettre avec ceux qui sont assis ; mais notre espérance est en Dieu, et nous vaincrons par le secours de Dieu, avec eux ou sans eux. Quand vous écrirez à l'ennemi de la religion, dites-lui que vous n'êtes venu que pour châtier les Arabes de cette province qui se sont battus contre lui sans notre consentement. Engagez-le à rentrer à Tlemcen, ce sera un signe de tranquillité et de la continuation de la paix ; mais que s'il n'y rentre pas, vous êtes préparé à toutes les extrémités dans le but d'obtenir la paix à la gloire de l'islamisme. Du reste, vous savez ce que vous devez faire et ne pas faire. Tâchez surtout que ceux qui sont avec vous ne sachent rien de vos secrets. Je crois que toutes les nations infidèles se sont entendues pour nous frapper d'une seule flèche. Que Dieu vous aide !
Lettre de l'emiyercnr à son fils S'uli jfoJiammed.
11 (le Rctljeb (26 juillet 1844).
Le taleb Bou-Selham ben Ali m'a envoyé deux lettres de son khalifa de Tanger. Il m'annonce que lorsque les gens du 7?// ont vu les consuls
(2) rremier secrétaire et premier ministre de rcmpereur.
(3) Alxl-el-Kader.
(4) Bataille livrée aux environs de la Mecque, où Mohammed comptant sur le grand nombre de ses combattants, fut mis eu déroute par les tribus de Haouazaii et de Thakif, bien melns nombreux.
des nations partir de Tanger, ils se sont inquiétés et ils se sont livrés à des désordres impossibles à décrire. Il ne pensait pas que cela arriverait ! Les marchands Jnij's et européens se sont sauvés de Tanger, la ville est déserte. Les Djebalas, à ceque m'annonce Bou-Selham, sont aussi en insurrection et en désordre. Ils s'inquiètent peu de ce que veut faire le chrétien avec les musulmans et ils ne veulent pas prendre part à la guerre. Ils n'ont nullement été effrayés des intentions du chrétien. Nous espérions que les Djebalas seraient les premiers à prendre part à la guerre sainte , et qu'ils se précipiteraient àl'envi pour obtenir les récompenses promises par Dieu aux guerriers saints ; mais voilà qu'ils agissent cpmme s'ils ignoraient cette sainte obligation, et cependant ils n'ignorent rien de tout cela. Je vous envoie ces lettres afin que vous soyez au courant des affaires, et que vous sachiez que dans ces temps-ci la religion est difficile. Le Prophète a dit la vérité, en disant que la religion est aussi difficile à suivre qu'elle a été difficile à établir. Faites votre profit de ces faits dont le récit est plus utile que des conseils ; et le silence est préférable souvent aux paroles trop claires. Nous espérons en Dieu , car Dieu a dit : J'éprouverai les guerriers et les patients eu leur envoyant de rudes épreuves !
Lettre de Vemjyereur à son Jîls Sidi Mohammed.
13 de Redjeb 1260 (28 juillet 1844).
Je vous avais écrit une lettre avant celle-ci pour vous parler des préliminaires de paix survenus entre nous et les Français (que Dieu les accable de misère!). Cette première lettre est partie deux heures seulement avant celle-ci. Je viens de recevoir une dépêche de el Arbl Ardana, qui m'annonce que l'infidèle a fait paraître devant Tanger des intentions for" melles de guerre. Ainsi restez dans vos instructions précédentes ; tenezvous bien sur vos gardes, ne vous laissez pas tromper par lui j continuez à préparer les gens à la guerre sainte, jusqu'à ce que la situation de l'ennemi de la religion se complique (que Dieu vous aide!). Salut.
Lettre de l'empereur à son Jîls Sidi Mohammed.
13 de Redjeb 1260 (28 juillet 1844).
Je vous avais écrit précédemment pour vous dire l'inquiétude, la peur, le désordre qui avaient éclaté chez les Kabyles du Eif. Aujourd'hui Ben
Brîss vient de recevoir une lettre de notre serviteur Bou-Selhani^ dans laquelle il lui dit qu'ils se sont relevés de cette terreur, et qu'ils se préparent d'une manière énergique à repousser toute attaque, et d'après cette lettre j'ai compris que la guerre avait éclaté entre nous et les Français ennemis de Dieu. Je vous envoie ci-inclus la lettre ci-dessus mentionnée et deux lettres pour Achâache de la part du taleb Erzinietde El-Arbi-bou-AUal; toutes deux vous feront voir que je suis resté au-dessous de la vérité dans ce que je vous disais du peu de foi des musulmans. J'ai envoyé aujourd'hui même votre frère Mouley Seliman pour garder Tanger avec 200 hommes choisis , cavaliers et fantassins. J'ai en même temps ordonné aux deux gouverneurs du gharb d'accompagner votre frère avec tous leurs cavaliers et leurs fantassins des montagnes et des plaines. J'ai en même temps chargé des personnes respectables d'engager les Kabyles des montagnes à s'unir à lui. J'ai reçu votre lettre , vous m'annoncez que tout le monde demande la guerre et l'occasion de se venger : vous me dites que les contingents se sont réunis et que les tribus sont tellement nombreuses que les musulmans en ont ressenti autant de joie que les chrétiens en ont éprouvé de douleur. Vous ajoutez qu'il serait inconvenant de faire retourner cette armée de Taza sans avoir obtenu aucun avantage sur le chrétien ; que votre avis est de continuer avec votre camp au moins jusqu'à Za. Vous avez raison , mon fils , partez donc , accompagné de la bénédiction de Dieu. Je ne vois pas de mal à ce que vous arriviez jusqu'à A'ioun Sidi Mellouh, si vous le croyez convenable ; car celui qui est sur les lieux est plus à même de juger sagement. Si vous marchez en avant, rassemblez les tribus telles que Sebdou, Oui ad Sidi Cheikh j Le Rif, Guelaja et autres jusqu'à ce que vous vous fassiez une armée formidable par ses contingents et par ses troupes régulières. Mais n'attaquez pas le chrétien , car la guerre n'est pas encore déclarée. Je vous ferai connaître les moments de faiblesse et les moments de force , les moments d'humilité et les moments d'orgueil, afin que vous puissiez, à votre volonté, revêtir les habillements qui conviennent à chacune de ces heures. Le chrétien nous dit qu'il veut faire la paix, et pourtant il se prépare à faire la guen'e avec le plus grand empressement; mais nous aussi nous faisons nos préparatifs avec plus d'empressement que lui. Nous n'avons retardé jusqu'à ce jour de combattre l'ennemi de Dieu qu'à cause de l'intervention du consul anglais qui nous a dit qu'il avait établi avec le Français les conditions de la paix ; ainsi que je vous en ai instruit , le consul nous a assuré que le Français n'arriverait pas à Tanger. Mais si l'ennemi commençait les hostilités avant ou après l'arrivée du consul à Tanger, je vous ferai savoir cette nouvelle par la voie la plus prompte, et je vous permet-
trai d'attaquer votre ennemi. Vous lancerez alors contre lui les armsée des musulmans de tous les côtés, et j" ai lieu de croire que Dieu donnera aux musulmans les chrétiens en pâture ; car nous faisons la guerre pour la gloire de Dieu , et ces ennemis du Très-Haut ne combattent que dans la voie du diable. Que le Seigneur vous soit en aide. Salut.
Lettre de l'emj)ereur à son fils Sidi Mohammed.
11 de Retljeb 12G0 (31 juillet 1844).
J'ai reçu vos lettres, je lésai comprises, et j'ai appris par elles que vous vous étiez conformé à l'ordre que je vous avais donné de ne pas commencer les hostilités envers l'ennemi de Dieu, le Français, et de temporiser avec lui, attendu qu'il prétend vouloir faire la paix. Ce qui l'a décidé à demander la paix, c'est que votre camp était resté à Taza et, n'ayant mis aucune promptitude pour aller le combattre, il s'est épuisé en dépenses, en marches, contre-marches, changements de bivouacs et dévastations des récoltes des tribus qui se trouvent aux environs de Oudjda. Il a étourdi ces Arabes i^ar une grande quantité de lettres et enfin il a posé son camp près d'Oudjda. Les habitants d'Oudjda et tous les musulmans de ces contrées se sont plaints de ces infractions et de ces désastres. Ils ont demandé la guerre. Mais, vous conformant à mes ordres, vous les en avez empêchés. Ce n est que lorsque vous avez vu son audace, ses infractions et son manque de respect des limites, que vous vous êtes empressé de marcher en avant avec votre camp, jusque versZa et au delà, afin d'observer ses actions. S'il s'abstient de nouvelles infractions et se retire surses limites , c'est ce que nous voulons. Sinon, faites avancer nos armées victorieuses jusque vers Oudjda, chassez les chrétiens de notre territoire de quelque manière que ce soit. J'ai compris dans la plainte que vous m'avez faites sur les affaires des contrées où vous vous trouvez, des choses qui ont rétréci mon cœur, prolongé mes soupirs et éloigné mon repos. Je vous permets de faire avancer votre camp jusqu'à Aïoun Sidi Mellouk, à cause des avantages que vous en espérez. Songez que le Français, ennemi de Dieu, habite ce pays depuis plusieurs années, qu'il s'est habitué à toutes les fatigues et à tous les dangers ; les combats ont mille fois éclairé son front de leurs éclairs, et ses oreilles sont accoutumées au bruit de son tonnerre. Il a environ 90,000 hommes, il ne laisse en arrière ni malade, ni aucun de ceux qui voudraient s'exempter du service; il dépense des sommes énormes pour cela ; non content de cela, il enrôle encore ceux des autres nations qui
veulent venir à lui, il les paie, les habille et les nourrit. De notre côté, naon fils, remarquez depuis combien de temps nous excitons les musulmans, quelles ruses nous avons employées à cet effet, combien d'argent nous avons prodigué. Nous avons entendu le bruit de la meule, et nous n'en avons pas vu sortir un grain de farine. Et pourtant, nous n'avons pu réunir que les troupes qui sont auprès de vous. Vous devez bien connaître les gens de l'Ouest, ils n'ont aucune patience, et ne peuvent sortir de leur pays. Ils ressemblent à des chameaux qui sont atteints par la paresse. Kien ne peut les faire relever, ni excitations, ni mauvais traitement; mais c'est assez, il y en aurait trop à dire, et vous me comprendrez suffisamment. Mais je vous jure que, si j'avais pu assembler les musulmans, je n'aurais pas attendu un instant pour combattre le chrétien. Je vous approuve complètement d'avoir mis de la lenteur et de la réflexion avant d'agir, et d'avoir calculé les suites de vos actions. Je m'attendais à cela de vous. Que Dieu vous fasse la terreur des chrétiens et le rempart des musulmans.
Lettre de V evijm^eur à son fils Sidi- Mohammed.
17 de Redjeb 1260 (l" août 1844).
Je vous envoie plusieurs lettres qui me sont arrivées de Tanger et de Tétouan; prenez-en connaissance, afin que vous puissiez juger des intentions de l'infidèle (que Dieu le divise et détruise sa puissance !). Aussitôt, qu'il a appris nos rassemblements et nos préparatifs, il s'est précipité avec rage sur nos ports, et il a laissé paraître toute sa haine et toute sa ruse (que Dieu l'entoure de malheui's !). Il a déjà jeté les yeux sur Tanger et sur Sou'ira (1), à cause des avantages que retire de ces ports notre gouvernement (que Dieu le consolide !). Et si quelque catastrophe tombe sur ces deux villes, vous n'ignorez pas ce qui arrivera aux habitants de ces contrées. Le Français (que Dieu le divise !) est puissant ; il est fort sur mer (que Dieu brise sa force et retourne sa ruse contre lui-même !). Il faut donc que je reporte toute mon attention vers les faibles et malheureux habitants de Tanger et des autres villes. Il faut en outre que j'entoure les musulmans de ma sollicitude, afin de consolider leur foi et de relever leur courage ; car Dieu nous ordonne de mettre sous notre aile protectrice ceux qui veulent venir à nous , surtout à l'époque oCi nous vivons, époque où nous voyons le changement opéré dans le cœiir des musul-
(1) Mogodor.
mans, aussi bien qu'il s'est opéir dans leurs forces et dans leurs moyens de défense. Ils n'ont plus ni armes, ni places fortes, ni rien de ce qui est nécessaire pour repousser l'ennemi, si l'ennemi les attaque. Nous n'avons h avoir de confiance qu'en Dieu, qui nous a promis de faire mais le Français est plus que toutes les aiitres nations chrétiennes trompeur, haineux et rusé (que Dieu l'extermine!). Oh ! si j'avais eu dans les triompher la religion. Encore si la guerre éclatait sur un seul point, musulmans la force et la puissance nécessaires pour soutenir cette guerre, je n'aurais pas fait la moindre concession à mon ennemi. Mais avec qui le combattrais-je? Où devrais-je diriger mes efforts? Nous n'avons d'aide à espérer qu'en Dieu. Il n'y a de force qu'en lui, il est le meilleur de nos alliés. Nous avons obtenu et nous obtiendrons plusieurs résultats avantageux de votre mouvement vers Oudjda avec votre armée. D'abord vou.s tranquillisez les tribus de ces contrées. Ditesleur que je svxis prêt à les soutenir, que je ne les abandonnerai jamais. Vous les ramènerez aix bien et à la justice. Yous ferez cesser leurs discussions et leurs iniquités. Vous les disposerez à écouter une seule parole. Vous éclairerez enfin ceux qui n'ont pas perdu la vue entièrement. Vous ferez ressortir la force et la gloire de l'islamisme, et si tous les musulmans sont d'accord, s'ils sont tous décidés à sacrifier leurs biens et leur vie pour la guerre sainte et la défense de la religion, ce sera ce qui arrivera de plus nuisible aux chrétiens.
Lettre de l'empereur au caïd El Houssein El Guennaoui.
5 de Redjeb 12G0 (20 juillet 1844).
A notre serviteur le caïd El Houssein El Guennaoui^ salut. J'ai reçu votre lettre et j'ai compris le contenu. J'ai ajjpris votre bonne conduite dans le combat qui a en lieu dans la province d'Oudjda, contre l'infidèle. J'ai aussi appris que les Français cherchent à attirer à eux les gens de cette province et qu'ils tâchent de les gagner par la cupidité. J'ai compris vos doléances à ce sujet ; mais la religion a eu et aura malheureusement l^eu de gens qui la suivent. J'ai donné l'ordre à mon fils Sidi Mohamed de s'avancer avec un camp triomphant au nom de Dieu, afin qu'il batte les adorateurs de la croix et qu'il fasse vaincre les musulmans. J'ai appris que vous vous êtes bien conduit dans votre mission et que vous êtes prêt à faire pour elle le sacrifice de votre vie et de votre fortune, cela ne doit pas nous étonner, parce que vous le faites pour l'amour de Dieu ; vous êtes en avant comme un rempart. Que Dieu vous aide !
Lettre de l'empereur à la djemâa des Aït-Hatta.
5 de Eedjeb 1260 (20 juillet 1844).
■Il est connu de nous que vous êtes dans le voisinage des chérifs . que vous êtes leurs soutiens et que depuis longtemps vous voulez suivre les intentions de Dieu, qui a ordonne le combat contre les ennemis- J'ai entendu dire que dans le temps, vous avez fait la guerre sainte aux ennemis de la religion et du prophète élu de Dieu et que le mal ne leur est arrivé que par vous. Ce temps-là est revenu : les Français les ennemis de Dieu, sont dans la province d'Oudjda et ils prétendent ■que personne ne pourra leur faire face et qu'ils étendront leur autorité svir les gens de ce pays. Aussitôt que vous recevrez cet ordre, préparez-vous en toute hâte avec l'intention de combattre les ennemis de Dieu. Suivez notre fils Sidi Mohammed (que Dieu l'aide !) ; faites ce que vous devez pour Dieu et son prophète; tachez de faire la paix entre vous et les Aït-Sefelman et allez avec eux rejoindre mon fils. Salut.
Lettre de Vempereur à Sidi Mohammed El RemJich.
12 de Redjeb 1260 (27 juillet 1844).
Vous savez que la guerre sainte avec l'infidèle, ennemi de la religion, €st ordonnée par Dieu à tous les musulmans ; vous savez que le Prophète l'a surtout recommandée en s'appuyant sur les préceptes émanés des prophètes de Dieu et sur les passages du Coran. Les mérites de cette guerre sont incalculables. Les tribus des montagnes sont des maisons de bien, de science et de vertu, maintenant comme autrefois. Ils ont toujours été les premiers à se lever pour la guerre sainte, cela est certain. Aujourd'hui l'impie nous a donné des j^reuves de haine et de trahison. Nous n'avons rien à faire qu'à nous dresser devant lui comme Dieu l'a commandé. Nous vous ordonnons à l'arrivée de cette lettre de prescrire à ceux qui vous écoutent parmi les Kabyles de la montagne de se préparer et de s'armer pour exterminer les gens de l'infidélité et de l'entêtement, afin que la parole de Dieu soit exaltée. Lancez-vous au milieu de ce pays avec notre fils Sidi Mohammed (que Dieu le conserve !). Il est déjà parti du côté de Taza pour avoir des nouvelles de l'infidèle et savoir ce qu'il va faire ; et il fera ce qu'il conviendra. Salut.