‹ Trésor de la chansonChapitre 2 sur 102 · L^ASSASSIN · texte numérisé non relu

L^ASSASSIN

àJK do méDage de Garnit .

Dans une auberge d'Angleterre, Un matin , couché sur mon lit y Je rêvais, triste et solitaire, Quand soudain ma porte s'ouvrit.

Un homme à mine hétéroclite.

Le front pâle et les pieds poudreux , Entre et dit: Levez-vous bien vite; Yous comprenez ce que je veux.

Jugez quelle frayeur m'assiège !

Pourtant je me lève en tremblant ; L'inconnu me fait prendre un siège Et couvre mon corps d'un drap blanc.

Quels dangers mon esprit se forge !

Mais je résisterais en vain ; Car il me saisit à la gorge Avec un instrument d'airain.

Dans cette affreuse conjoncture, Il me force à rester muet ; Puis il me meurtrit la figure Avec un énorme boulet.

J'écumais; j'étais tout en nage. Quelle mort allais-je endurer?

L'eau ruisselait sur mon visage Et j'avais peine à respirer.

Il voit la terreur qui m'agite.

Ému par mon regard touchant , Voulant m'expédier plus vite.

Il s'empare d'un fer tranchant.

Par une blessure profonde, Mon sang coule ; plus de milieu ; Je vois qu'il faut quitter ce monde Et je me recommande ik Dieu.

8 UYRE I.

Mais le bourreau, qui se reproche Des tourments qui durent si peu»

S'éloigne d'un pas, se rapproche»

Et me présente une arme à feu* Il me prend au front , il me lie ; n m'a presque tordu le cou.

C'en est fait; pour m'ôter la vie, L'assassin ajuste son coup.

Ma foi ! j'en reviens d'une belle !

Quel hasard a pu m'en tirer?

Devant me brûler la cervelle.

Son feu n'a fait que m'effleurer.

Il s'y prend d'une autre manière :

Son ardeur venant l'échauffer , Dans un tourbillon de poussière Le voilà qui veut m'étouffer.

Voyant que le sort m'est propice Et ma mort trop lente à ses vœux , Afin d'augmenter mon supplice.

Il me saisit par les cheveux.

Je pousse un soupir lamentable ; L'assassin , prompt à me braver, Saisit ma bourse (i) sur la table Et s'empresse de m'achever.

(i) La boane dont il ragit ici est ce petit sac de tafetai noir dam lequellei hommes, au dernier liède, époque de celte obanioD, enfermaient Uun ebtreuxpar derrière»

Ce trait indigne me transporte ; Je m'arme d'un couteau de bois ; Mon inconnu gagne la porte^ Et dans le miroir je me vois.

Quelle surprise ! jugez comme Mon courroux dut être apaisé»

Quand je reconnus que mon homme M'avait poudré, coiffé» rasé.

ANONYME

LE NOUVEL ÉTABUSSEMENT.

AIB: Femmes qui Toulei éprouver.

Je suis nouveau marchand de vin , Venez tous boire à ma boutique; Venez sabler ce jus divin, Et donnez-moi votre pratique.

Je tiens des vins pour tous les goûts, Pour les vieux et pour la jeunesse, J'ai des vins forts et des vins doux , Qui n'engendrent pas la tristesse.

Vin de Liège pour les enfants, Vin de Meaux pour tous les arti3tes ; Bon vin de Sens pour les savants.

Vin d'Asnières pour les copistes ;

Via de Pantin pour les danseurs, Pour les coquets vin de Cologne; Yin de Gourbevoie aux trompeurs, Et vin d'Avallon pour l'ivrogne.

Pour les vieilles, vin de Milan , Vin de Talan à nos poètes ; Pour les poltrons, vin de Gacban , Vin de Constance aux girouettes.

Bon vin de Nuit pour les voleurs ; Au pauvre homme, vin de Sansterre, Du vin de Plaisance aux rieurs.

Pour les braves, vin de Tonnerre,

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