‹ Trésor de la chansonChapitre 32 sur 102 · LES MANIÈRES PE VOIR · texte numérisé non relu

LES MANIÈRES PE VOIR

ÂlR du lendemaîn.

Messieurs, faites silence , Je vais chanter des couplets;

Je vous réponds d'avance Qu'ils sont piquants et bien faits, La facture en est nouvelle, Le style en est sémillant; Et voilà ce qu'on appelle Du vrai (aient*

Tant qu'on flatte Emilie, Elle n'a pas de travers.

Quand on la contrarie, Elle se raidit les ner&.

Un fauteuil est auprès d'elle.

Elle y tombe en se pâmant ; Et voilà ce qu'on appelle Du sentiment.

Du chansonnier Dorville^ Florimont se dit l'ami ;

Mais dans toute la ville )I ^ soin de dire aussi :

« De ce rimeur sans cen^elie « Tous les couplets font pitié. »

Et voilà ce qu'on appelle De Tamitié.

Quoiqu'on fasse ou qu'on dise, Au théâtre , maintenant ,

On n'a plus la sottise De compter sur son talent.

Craignant la chance cruelle, On achète cent billets ; Et voilà ce qu'on appelle Un grand succès.

Grâce au sombre délire Qui gagne de toutes parts , .

C'est en vain que pour rire Nous courons aux Bonlevarts.

De chaque pièce nouvelle Chacun sort épouvanté ; Et voilà ce qu'on appelle De la gatté.

Quand quelqu'un vous outrage, Vous savez bien que chez nous,

D'après un vieil usage.

On se donne rendez-vous.

Pour terminer la querelle On déjeune au champ d'honneur.

Et voilà ce qu'on appelle De la valeur.

Quand le mal nous talonne, Un docteur vient au galop ;

Le bourreau nous ordonne Et la diète et le sirop.

Pour mieux nous prouver son zèle, Il devient notre assassin.

Et voilà ce qu'on appelle Un médecin.

J'ai parlé de nos dames; J'ai parlé des spadassins ;

J'ai parlé de nos drames ; J'ai parlé des médecins.

A la rime peu fidèle, J'ai négligé la raison ; Et voilà ce qu'on appelle Une chanson.

BRAZffiR.

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