LE PARVENU
AIR: Du partage de la riebrM«.
Vers le temple de la richesse Jour et nuit vole un peuple entier.
On court, on s'agite, on se presse ; L'on veut arriver le premier.
On a chacun diverse allure, On fait envie, on fait pitié; L'intrigue voyage en voiture; L'honneur, hélas ! chemine à pié«
Un sage l'a dit : la fortune En un moment change l'humeur.
Quand nous faisions bourse commune, Paul nous aimait de tout son cœur.
Mais maintenant qu^l fait figure.
Pour nous Paul n'a plus d'amitié.
Est-on, lorsque l'on a voiture" L'ami des gens qui vont à pié?
Plaignons Paul , et point de rancune.
Amis, buvons à sa santé, Nous n'aurons j'amais sa fortune; Mais il n'a plus notre gaîté.
Son dédain nous a fait injure, Son sort doit nous faire pitié ; Le chagrin le traîne en voiture Et le plaisir nous suit à pié.
Un jour rinconstante déesse Peut lui retirer son appui , Avant qu'il soit dans la détresse Jurons de nous venger de lui.
Dans sa triste mésaventure, Dt nous s'il croit être oublié, Qu'il trouve^ en tombant de voiture.
Près de lui , ses amis à pié.