I.ES BONS AMS DE PARIS
AIR : Il était un p'iii homme.
Ma fortune était mince :
Mais j'avais un parent,
Dont le rang Annonçait que du Prince II était bien connu, Bienvenu.
Chacun me flatta.
Chacun me fêta.
Qu'ils sont polis !
Qu'ils sont jolis !
Nos bons amis d Paris!
Mais (affreuse disgrâce !)
Par un coup du destin ,
Un matin,
CHANSONS PHILOSOPHIQUBS. 8S
De mon parent en place La faveur disparut; Il mourut^ Chacun défila^ Chacun détala.
Chacun me pflanta là.
Qu'ils sont polis !
Qu'ils sont jolis !
Nos bons amis dTaris !
L'acte testamentaire Qu'avait fait mon parent
En mourant.
Me nommait légataire D'un large coffre-fort Rempli d'or.
On me reflatta^ On me reféta ^ On me revisita.
Qu'ils sont polis l Qu'ils sont jolis!
Nos bons amis d'Paris !
Lancé dans les affaires Par l'appât d'un butin Incertain,
Des calculs téméraires Ayant réduit à rien^
Tout mon bien^ On redéfila > On redélala , On me replanta là.
Qu'ils sont polis t Qu'ils sont jolis !
]^os bons amis dTaris.
De mon argenterie Je fis ressource ; et crac Dans un sac, Vite à la loterie Le magot fut donné..
Je gagnai.
On me reflatta, On me refêta,.
On me revisita.
Qu'ils sont polis !
Qu'ils sont jolis l Nos bons amis dTaris!
Une fièvre soudaine N'ayant glacé de son Koir fri$s(MQ ,
Chez moi 1 on vit à peine Succéder le docteur Au traiteur.
Qu'on redéfila , On redétala, On me replanta là.
Qu'ils sont polis ! Qu'ils sont jolis !
Nos bons amis d'Paris !
DÉSAUGIERS