AH ! QUE J'ÉTAIS BÊTE
AIÏ : Quaod la mère roage apparut.
Longtemps dupe des erreurs Dont ce monde abonde.
J'ai trop connu les trompeurs Qu'aujourd'hui je fronde :
Je croyais tout bonnement
A leur tendre épancfaement»
A leur probité , Leur sincérité ; L'amitié, La pitié, Me tournaient la tête :
Ah ! que j'étais bête !
Je croyais qu'on méprisait
Le fard qui déguise ; Que jamais on ne plaisait
Que par la franchise ;
J'ignorais qu'à tout venant On prodiguât maintenant Fade compliment Tourné joliment , Mais qui ment , Et pourtant Que souvent on quête :
Ah I que j'étais béte!
Je croyais tous les auteurs
Pleins de modestie»
Et qu'entre tous les acteurs
Régnait sympathie ; Je comptais mille savants , Et très-peu de charlatans , Point de médisants , De malins plaisants , De méchants»
Ni de gens A mauvaise tête t Ah 1 que j'étais béte!
Je croyais qu'on détestait
Flatteurs et courbettes; Que du bon ton il^tait
De payer ses dettes ;
Je traitais de commerçant L'Harpagon compatissant , Qui; vous caressant Par mois , en passant , Vous surprend Seulement Cent pour cent De l'argent qu'il prête. • , Ah ! que j'étais béte l