LA MÉDISANCE
Stabat Mater dolorosa. La Sainte Vicrge se tenait au pied de la Croix, et elle pleurait, mais elle n’accusait pas... Elle avait vu des hommes impies, des scélérats avilir son Fils, l’accabler de coups, le clouer au gibet de l’infamie, et elle n'accusait personne, pas un mot contre ses bourreaux : Stabat Mater dolorosa, juxta crucem lacrymosa.
Vous n’avez pas de bien à dire de quelqu'un : sur son Compte gardez le silence, un silence absolu, taisez-vous, de par Dieu toute parole vous est interdite.
Mais vous me direz: c'est un scandale, il est trop coupable... Et vous, vous qui violez la première des lois de Dieu—Mais ;l fait tort à la religion—que parlez-vous de faire tort? C'est vous qui faites blasphémer Dieu, c’est vous qui éloignez le pêcheur de la voie du repentir, c'est vous qui lui faites dire: En vérité. les gens
religieux sont des langues de vipères, je me
garderai bien de me rapprocher d’eux, ils ne savent que médire et déchirer, Laissez faire Dieu, il:saura bien redresser les torts et corriger les abus. Souvenez-vous qu'ici la chose est trop délicate, que le pied peut facilement glisser de la charité prétendue dans une satisfaction personnelle, et que sans charité, eussiezvous la science, le zèle, même le don des miracles, tout cela n’est rien, c’est la parole sacrée qui le dit, et l’homme critiqué, quelles que soient vos vertus d'ailleurs, peut se présenter à Dieu, la page du livre divin à la main, et demander votre réprobation ; et Dieu ne pourra la lui refuser, parceque sa parole doit toujours rester vraie : Verbum Domini manet in œternum.
PraTique.—Se rappeler que, si le Seigneur a promis de juger les paroles inutiles, à plus forte raison, condamnera-t-il les médisances, les calomnies et les faux rapports.
VIe JOUR.