‹ Trésor des âmes pieuses, ou, Divers moyens d'atteindre la perfection chrétienne [microforme]Chapitre 182 sur 589 · LA VRAIE PIÉTÉ · texte numérisé non relu

LA VRAIE PIÉTÉ

. Toute la vie de la Ste. Vierge se résume en ces deux choses : elle a aimé Dieu ct l'humanité, En effet, la piété et la charité sont deux choses inséparables ou plutôt ne sont qu’une seule et même chose; car, qu'est-ce que la piété ?

C'est l'amour de Dieu et du prochain porté à un degré plus qu'ordinaire. 4“ Vous aimerez Dieu de tout votre cœur, de toutes vos forces, et Vous aimerez votre prochain comme vousmême.” Voilà toute la perfection. Séparer la charité de la piété, ce n’est plus qu'une religion incomplète, un demi - christianisme. Il $e trouve des personnes, vertueuses d'ailleurs, qui s'occupent beaucoup d'exercices de piété et d’elles-mêmes, et qui ne pensent à la charité qu'en passant ; et quand elles ont rempli les devoirs du christianisme pour elles-mêmes, elles croient avoir assez fait, elles sont même tentées de penser que Dieu doit-être très content et se tenir presque pour leur obligé. C’est une erreur qui a souvent fait bien du mal à la vraie piété.

Vous aspirez à la perfection ? Je vous en loue, mais avez-vous réfléchi ? Pouvez-vous porter ce

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fardeau, boire ce calice ? Vous désirez vous confesser souvent, communier même, c’est bien, Mais, permettez, je vous arrête ; avant tout, voyons vos œuvres, vos pauvres, le bien que vous voulez faire, La piété, c’est aimer beaucoup Dieu et ses frères ; les aimer non par des paroles, mais par des actes ; voilà la véritable charité ; donc, sans œuvres, pas de fréquente communion ; la loi divine est formelle.

Mais on dira: Je n’ai pas le temps. À cela je réponds: Vous pouvez prendre même une partie du temps que vous donnez aux exercices de piété; soyez tranquille, Dieu n’en sera pas jaloux—Je n'ai pas d'argent pour faire du bien, ce n'est ;a8 toujours nécessaire : Dieu a été si bon qu'il n’a voulu priver aucune de ses créatures de la plus douce jouissance, qui soit en ce monde, celle de calmer une souffrance, d’essuyer une larme, de faire des heureux.

Ce qu’il faut surtout pour la charité, c’est un cœur ; un cœur qui sente, qui veuille, qui aime. La charité, elle est à la portée de tout le monde ; à la portée de ceux qui ne sont pas riches, de l’ouvrier, de la pauvre servante. Si on savait les mystères de bien qui se passent chez ce petit monde! Ici, c’est une bonne domestique qui a adopté un pauvre vieillard ; elle le visite dans son Coin, au moins tous les dimanches, elle demande des vêtements à son intention, elle emporte son chétif linge, le lui rapporte, le dimanche suivant, bien blanc et bien raccomodé, sans parler de toutes les bonnes paroles, de toutes les douces industries du cœur, dont elle accompa-

gne le bien qu’elle fait......LA, c'est une jeune ouvrière qui s’est constituée la providence d'une vieille femme abandonnée ; dans les heures de repas, elle s'échappe chez sa protégée, l’embrasse comme on embrasse sa mère, range les meubles, met tout en ordre; ailleurs, c'est une autre membre de la Congrégation de la Ste. Vierge ou de la Saint Vincent de Paul, qui se charge d’instruire les enfants ignorants et abandonnés de la paroisse, elle leur apprend les prières, le catéchisme : ne ménage ni les encouragements, ni les récompenses; dans ses bonnes œuvres, ie cœur s’épanouit et il n’éprouve pas le besoin d’aller chercher ses affections ailleurs, Voilà la vraie religion, la religion du cœur tel que Dieu la demande et que les saints la pratiquent. ‘La piété pure et sans tache aux yeux de Dieu, notre Père, est de visiter les orphelins et les veuves ” S. Jacques 1, 27.

Prarique.—Méditer souvent les paroles de ce texte.

XIIIe JOUR.

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