Trésors da̕rt en Angleterre
L^auteur n'a pas eu de chance pour la correction de ce livre: il était on Aniîleterre lorsquo parut la première édition; il voyagrait encore à rélran«;«T — en Hollande, — lorsque fut composée cette troisième édition, d'après un exemplaire imparfaitement corri{:é.
La seconde édition, faite à Bruxelles en 1860, avec un tirage destiné à l'Angleterre, avait été corrigée seulement par un appendice rectificatif.
Diins la troisième édition que nous publions aujourd'hui, quoi(jiie beaucoup di' fautes aient disparu, plusieurs noms propres ou mots étrangers sont encore mal orthoizraphiés. Ah I qu'il est difficile de faire écrire par les typographes français : Velazquez et non Vf'lasquez. II y aurait donc à restituer correctement des mots, des dates, et a perfectionner divers passages. En outre, certains points obscurs lors de l'Exhibition de Manchester ont été éclaircis depuis 1857 par des déc( uvertes sur la biographie des maîtres ou sur l'historique de leurs œuvres. C'est pcairquoi nous avons dù conserver à la fin de cette édition l'appendice de 1860, en y faisant encore des modifications et des adjonctions.
c On apprend beaucoup en voyageant, » et cela, du moins, console un peu do n'avoir pas toute facilité pour corriger ses épreuves.
Si l'intérêt qu'offrent tant de Trésors d'art^ presque inconnus en France et sur le continent, nécessite plus tard une quatrième édition, l'auteur espère bien que, celte fois-là, il aura le loisir de remanier tout son travail, en introduisant, dans le texte même, les rectifications de l'appendice, et les notes, et tout ce qu'il pourra avoir appris de nouveau.
Hélas! ce qu'il a déjà appris, — quelle nouveauté 1 — c'est que nous n'en savons pas encore bien long sur l'histoire de l'art. Plus on étudie, et plus on tombe dans une sorte de scepticisme, quand il faut apprécier des œuvres d'art ou reconstruire l'individualité des artistes.
Le doute et l'inquiétude ne doivent pas cependant atténuer la bravoure des critiques. L'amour se fait pardonner des erreurs passagères. Si l'on savait tout, on n'aurait plus le plaisir de chercher, de s'égarer parfois, et parfois de trouver. Certains esprits se plaisent môme à se hasarder dans les ténèbres, pour découvrir des issues vers la lumière. Ce qui les attire le plus, ce sont les mystérieux, les incompris ou les oubliés. Tourner autour d'inconnus, interroger dessphinx, ressusciter des morts, rendre justice à tout un passé, malaisément interprété jusqu'ici, voilà ce qui intéresse dans la critique et dans l'élude de l'histoire. Mais que de qualités exige une pareille judicature : delà modestie et de la passion à la fois, une sympcilhie clairvoyante, une conscience loyale, le désintéressement absolu! Apres cela, si Ton se trompe, d'autres viendront qui feront mieux. La liberté de l'esprit est la seule garantie de la vérité.
Paris, 1865.