‹ Trésors des Églises de ReimsChapitre 37 sur 78 · Deux autres lampes d’argent · texte numérisé non relu

Deux autres lampes d’argent

»Et d’emploicr partie du prix de ladite argenterie à acheter un soleil, et le surplus au profit dudit couvent. Donné à Reims, dans notre

(1) Charles-Maurice Le Tellier , mort en 1710.

(2) Nous décrirons plus loin ce relifiuaire.

(5) Le pied de ce reli(piaire avait été livré en 1S68.

(4) Saint Gibrien, né eu Ecosse , était venu à Reims, attiré par la réputation de saint Remy. 11 resta dans nos contrées et vécut en ermile.

{S) Nous parlerons de ce saint , en traitant du trésor de Corbeny.

palais archiépiscopal, le 23e de mai 1690. Signé Cuarles-Maurice , archevêque, duc de Reims.»

Et ensuite de la copie de ce procès-verbal est ajouté : « Laquelle ordonnance a esté exécutée sans délay, et quelque humble remontrance qu’on ait faite, on n’a pu se dispenser de porter à la monnaie tous les reliquaires et toute l’argenterie susdite; le tout pesant ensemble environ cent soixante-douze marcs, dont on a touché la somme de 4,800 livres. Signé : F. Sébastien Serpe, prieur; F. Pierre de Bourges,

sous-prieur, et F. Joseph Simon. »

Vingt reliquaires environ périrent à cette occasion. Cette perle seule explique la pauvreté du trésor de Saint-Remi en 1792.

Le règne suivant devait aussi lui porter un coup fatal.

Le 21 décembre 1759 (li, on fit au Chapitre lecture d’une déclaration du roi, qui exhortait les églises et communautés à porter à la monnaie les argenteries non absolument nécessaires ; d’une lettre de M. de Saint-Florentin , d’une épître du très-révérend père-général , et d’une circulaire de M. Lévêque de Cydon, grand-vicaire , sur le même sujet.

On décida qu’on voulait bien porter à la Monnaie :

1“ Une croix, six chandeliers et deux lampes , le tout pesant soixanteonze marcs cinq onces, qui avaient été laissés en 1690, lorsque M. Le Tellier força la communauté de porter à la Monnaie cent soixantedouze marcs tant en reliquaires qu’argenteries ;

Qu’on emploierait l’argent qui reviendrait de ladite argenterie à orner l’autel de Saint-Remi, celui de Saint-Gibrien, et à faire le reste des grilles, et qu’en conséquence l’argent et le billet de la Monnaie resteraient entre les mains de Dom Cbastelain, sacristain.

Le 22, Dom Orné, prieur, et Dom Cbastelain, sacristain, portèrent donc à la Monnaie ladite croix, les six chandeliers et les deux lampes, qui, ayant été pesés, se trouvèrent monter à soixante-onze marcs cinq gros, déduction faite d’un marc trois onces à cause des différences par rapport aux soudures. Ledit sacristain en reçut comptant, pour le quart, la somme de 973 livres 16 sous 4 deniers, et pour le surplus, qui consiste en la somme de 2,919 livres , conformément à la déclaration du roi, il reçut un billet de reconnaissance du directeur de la Monnaie, et le 10 janvier 1761, 145 livres 19 sous pour la rente (2).

(1) Je dois à l’obligeance de M. L. Paris les notes relatives aux pertes essuyées par Saint-Remi, en 16*30 et en 1759. Il les destinait à faire partie d’un travail dont il s’occupe. C’est un sacrifice (]u’il m’a fait.

(2) On voit tpi’il s’agit d’un emprunt forcé.

On le voit , les richesses de Saint-Remi allaient toujours diminuant, lorsqu’un malheur accidentel vint lui faire éprouver des pertes bien autrement déplorables , et que rien au monde ne peut réparer ; Je veux parler de l’incendie qui éclata en 1774^ et détruisit à peu près la ma" gnifique bibliothèque, l’illustre collection de manuscrits dont nous avons parlé plus haut. Les clefs qui fermaient le reliquaire de la Sainte-Ampoule disparurent au milieu des décombres; il fallut en refaire de neuves.

Cependant le fatal règne de Louis XYI était arrivé , il fallut à Saint- Remi, comme à Notre-Dame, faire, pour employer une expression du temps, un sacrifice à la patrie : en conséquence, on envoya à la Monnaie les objets indiqués au procès-verbal qui suit :

« Cejourd’hui 22 décembre 1789, à la réquisition de M. le prieur et de la communauté de l’abbaye de Saint-Remi de Reims en Champagne, moi, Nicolas Legoix, marchand orfèvre, demeurant audit Reims, j’ai, en présence de D. Cazé, doyen, et de D. Défaux, cellérier de ladite abbaye, commissaires nommés pour cet effet par les religieux de la susdite abbaye, procédé à l’examen des poinçons et aux pesées des pièces d’or et d’argent tirées de leur trésor, dont le détail suit,

» Savoir :

EN on.

» Lne croix d’or en fdigrane, et le milieu d’un devant d’autel en or, poinçon de Paris, pesant dix marcs une once un gros et demi.

ARGENT DORÉ

» Une croix et un bénitier en vermeil, poinçon de Paris, pesant quatorze marcs une once.

» Débris d’une croix dorée, pesant deux marcs cinq gros.

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