ACTE PREMIER
LE DUC, tendant le bras.
Eh bien, je le fais, en rechignant, mais je le fais.
BERNARDINE
Merci, duc! Maintcnanl nous pouvons partir.
LE DUC
Un mot à mon tour. Vous savez que je m'expose à deux ans de prison.
BERNARDINE
Vous avez peur...
LE DUC
Non... mais enfin je ne suis pas fftciié de vous faire remarquer...
Entr« Georgette.
GEORGETTE, par la gauche.
Voici le chapeau, madame, et le fiacre est en bas.
BERNARDINE
C'est bien ! (Eiie met son chapeau.) Entrez dans ma chambre, duc, et prenez le porlrail de ma mère... je ne veux pas pariir sans emporter le portrait de ma mère...
LE DUC
Je vais le chercher..;
^ Il-«ntre dans la chambre à- gtuche. (Musique à l'orchestre jusqu'à la fin de l'acte.)
GEORGETTE
J'entends votre mari, roadame.
BERNARDINE
Vite, Georgette, un tour de clef...
VANDER POUF, an dehors.
C'est moi, ma chère. ^ -
BERNARDINE
Tenez bon, Georgette... Eh bien, ce portrait?
. LE *DUG, paraissant avec un énorme portrait sous le bras.
Je ne trouve que ça*...
BERNARDINE
C'est cela même... Tenez bon, Georgette...
VANDER POUF, du dehors.
C'est moi avec Oscar Pacha; je vous Tamène comme c'était convenu...
* Bernardine, le duc.
32 TRIGOCHE ET CACOLET
GEORGETTE
Madame, la porte va céder...
Yander Pouf et Oscar Pacha poussent la porte. — Georgelte résiste. Par la porte entr'ouverte on aperçoit le fez d'Oscar Pacha.
BERNARDINE, au duc.
Vite!... vite. Partons...
LE DUC
Mais, ma chère... ça va bien nous gêner... est-ce que vous ne craignez pas?...
BERNARDINE
Je, ne craindrai rien tant que ce portrait sera entre vous et moi... Allons I...
Elle fnit passer le duc derant elle.
GEORGETTE
Y ôles-vous, madame ?
BERNARDINE
Nous y sommes.
Elle sort.
GEORGETTE
Alors ie peux lâcher... . • '
La porte s'ouvre violemment. — Vander Pouf et Oscar Pacha sont précipités eo avant et vont rouler par terre chacun d'un côté de la srène-