ACTE TROISIÈME
LE DUC
Ah ! ce serment !... ce serment I...
BERNARDINE, avec le dernier mépris.
C'est le costume que vous portez, sans doute, c'est ce costume qui voiis inspire de pareils sentiments.
LE DUC
Avec çà qu'elle est gaie, ma situation ! Tout à l'heure, quand madame, en nous interrogeant tous les deux, m'a fait l'honneur de croire que nous étions coupables...
BERNARDINE
Eh bien?...
LE DUC
Eh bien, si vous croyez que çi m'a amusé de lui dire que nous ne l'étions pas l j'étais tout honteux, et je devais avoir un air bôle en disant ça !
BERNARDINE, indulgente.
Mais non... pas trop...
LE DUC
Là vraiment... pas trop?
BERNARDINE, gentiment.
Non pas trop... (Éoutontde rire.) mais un peu.
LE DUC, exaspéré.
Ah ! vous vous jouez trop de moi, Bernardine, en vérité, vous vous jouez trop de moi...
Il va s'accouder à la cheminée, la tête dans ses mains. — Bernardine s'est assise sur le can^pé^
BERNARDINE *, d'une Toix douce.
Emile !... (Le duc ne bouge pas.) Venez ici, Emile...
LE DUC
• Non!...
BERNARDINE
Venez ici tout de suite. (Le duc se rapproche en rechigaant comme
un enfant qui boude.) Venez et ne soyez plus méchant... allons... allons donc... agenouillez-vous là, bien gentiment devant moi...
LE DUC
A quoi bon? Il s'agenouille.
* Le duc , Bernardine.
78 tricogUe et gacôlet
BERNARDINE
Grand enfant, vous savez bien que je vous aime.
LE DUC
Oui, je le sais.
BERNARDINE
Cela devrait vous suffire.
LE DUC, arec éclat.
Eh bien non, cela ne me suffit pas.
Entre Bombance, unelettre à la main ; elle voit le duc aux genoux de Bernardine.