ACTE PREMIER
VANDER POUF
Jo ne dis pas le contraire, d'amant plus qu'il en a pris des aciions et beaucoup... Mais en voilà assez, il finirait par s'apercevoir qu'on se moque de lui, et je n'aurais pas l'emprunt turc.
BERNARDINE
Que m'importe !...
VANDER POUF
II m importe beaucoup à moi. 0>car Pacha ne vous a jamais vue, il a envie de vous voir, vous ne pouvez lui refuser celle satisfaction... Je l'ai invité de votre part à venir dîner ce soir avec nous à notre ermiiage de Ville -d'Avray; il a accepté avec transport, et il espère que vous voudrez bien lui permettre de vous remercier de vive voix. Tout à l'heure il viendra ici pour cela, vous le recevrez...
BERNARDINE
Je ne le recevrai pas.
VANDER POUF
Madame 1...
BERNARDINE
Je ne le recevrai pas...
VANDER POUF, sur le point de se fâcher, se contenant.
Mais entin, voyons, pourquoi?... une pareille obstination quand il s'ai^Mt d'une chose aussi simple, c'est incompréhensible 1... Qu'est-ce qu'Oscar vous a fait?... Pourquoi refusez-vous?...
BERNARDINE, se levant, un peu agitée.
Pourquoi?...
VANDER POUF
Oui.
BERNARD IN E, à part.
Je ne peux pourtant pas lui dire que depuis que j'ai rencontré le duc Emile...
VANDER POUF
Eh bien? dites?..,
BERNARDINE
A quoi bon? vous ne comprendriez pas...
r'ANDER POUF.
Dites toujours...
BERNARDINE-
Je n"ai rien à vous dire... je refuse... voilà tout...
6 TRICOCIli: HT CACOLET
VANDKR POUF.
Eli bien! moi, niaiiame, j'cxi{T«que vous le rcrevicz.
BERNARDINE
Vous exigez...
VANDER POUF
Oui, madame, et je trouverai bien moyen do vous y forcer.
BERNA RDI NE.
Ah ! tenez, monsieur, je ne cherchaiî pas celle conversation, mais [«uisque vous avez voulu qu'elle eût lieu... puisque vous me menacez...
Breloque est entré et, on entendant que l'on se dispute, il s'urrèie Jiscièttmeni au
fond à droite.
VAN HE R POUF, bas.
C'est bon; laissons cela...
BERNARDINE
Je vous dira', moi...
VAN DE R POUF, bas.
Plus tard, madame.
BERNARDINE
Non, monsieur, tout dt suite... (Vandcr Poif lui fait des signes.)
Quoi?...
VANDERPOUF, à demi voii.
Breloque... il csl là... n'ayons pas l'air...
BERNARDINE, avec éclat.
Eh! je m'en moque pas mal que Breloque soit là... au contraire, j'en suis ravie. Écoulez, monsieur Breloque*... (Breloque salue et s'approche.) Je suis cnclianlée qu'il y ail là quelqu'un pour entendre ce que j'ai à vous dire. Oui, cela est vrai, je vous ai secondé dans vos manœuvres, j'ai souri à vos aclionnaires afin tie les distraire et de les empêcher de voir ce que vos mains faisaient dans leurs poches. (Breloque sourit.) Je ne savais pas alors que cela éiailm;d... (sif,'ne de dénég.nion de Breloque.) J'ignorais certaines délicatesses. Mais à la suite d'un événement... sur lequel je ji^lisse, ces délicale>s.'S ni'oni é^é révi'l^es... Ce que j'ai fait, je ne le ferai plus... je ne recevrai pas 0>car Pacha, tenez-vousle pour dit, el désormais ne comi)lcz plus sur moi pour vous aider dans vos tripotages.
■ Vander Pouf, Lernartjiiic, liiclo'iue.