‹ Trimouillat et Méliodon, ou, La divine amitié!Chapitre 18 sur 47 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

monde (lui portant de nouveau la main au sein)

puisque tout de suite 1l tette.

ROSALIE, lui abattant la main.

Vous êtes un effronté, Monsieur Tournebourne.

TOURNEBOURNE.

Moi, j'ai continué à tetter; il n’y a que la gourde qui a changé. (Se retirant.) Tu vois, ça aussi finit.

ROSALTE.

Vous parlez comme un sage et vous agissez comme un vaurien. Moi, je dis : Eh bien! s’il faut finir, que ce soit le plus tard possible!

TOURNEBOURNE.

Comprends-moi. Ces deux ménages, les Trimouillat avec leur fiston, les Méliodon avec leur fillette, forment un joli totage, j'en conviens. Mais ils s'aiment trop, c’est dangereux.

ROSALIE

Dangereux! Trop s'aimer! On voit bien,

quoique vous en disiez, que vous avez pris vos

invalides. À mon avis, de ça il n’y a Jamais trop. Le reste n’est que du remplissage.

TOURNEBOURNE.

Gaillarde! à quel bon compagnon as-tu affaire? Tu parles comme si tu sortais d’en prendre. Répétons : pourvu que ça dure! Il y a le diable, ma fille, le diable qui rôde autour des choses bien réglées et qui les culbute. Quand je dis le diable, c'est pour désigner quelqu'un. Si c'en est un, il doit se nommer Brouillamini.

ROSALIE

Et pourquoi se brouilleraient-ils ?

TOURNEBOURNE, s’asseyant dans le fauteuil.

Rosalie, causer avec toi me délasse, comme si je fumais une cigarette. Demande plutôt pourquoi ils ne se brouilleraient pas! Ou de quelle manière tragique, insignifiante ou bouffonne ils se brouilleront? Pour des choux ou des raves, pour du gros ou du mince, pour du raisonnable ou du stupide, par usure ou par catastrophe, brusquement ou par la lenteur du temps. L'avenir, l'inconnu, toujours embusqués. Il y a dans la vie au moins cinquante

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