ACTE DEUXIÈMB
LA. BARONNE, regardant YTonne,
Oail Oui! Noos faisons de vilaines cachotteries devant cette petite; n'estnce pas le moment de lui révéler à notre chère petite... Attention f (siie fait oa
pas Tara Yvonne qui recale.) A nOtrC chère petite qUoi? l(Bl)e fait encore un paa et lui crie rapidement à roreiUe.) TiCOmtessei... (vivement, en se reculant.) Je n'ai riCÛ
dit 1 Je n'ai rien dit I
MADAME HERBBLIBR.
Tu as entendu, Yvonne?
"^ YVONNE, réaignëe.
Oui, maman.
LA. BARONNE
Moi, je ne voulais rien dire! Je voulais laisser arriver le beau vicomte, le prince charmant 1 II aurait regardé la jolie belle... La jolie belle aurait baissé les yeux 1 Et pan! pan t Le coup de foudre ! {Avec explosion.) Âhf Je suis unc romauesque» moi! J*aime les surprises, l'imprévu, l'aventure, la grande route, la berline, les postillons, les grelots, le clair de lune, Téchelle au balcon I... Mais ma** man, qui est une personne raisonnable, a préféré qu'on prévienne.
MAPAMB HBRBELIBrX
C'était plus sage.
LA BARONNE
Et ce bon M. Herbelier? Où est-il, votre cher mari?
MADAME HERBELIER.
Mon mari? Il a disparu selon son habitude.
LA BARONNE
Ah'l le grand travailleur!
MADAME HBï^BBLIBa«
Il doit être allé dormir.
LA BARONNB.
' Ah!... Et que dit-il de nos grands projets?
MADAMB HBRBBLIBR.
Je ne lui ai encore parlé de rien.
LA BARONNE
Il ne sait rien! Ah! Que c'est piquant!
MADAME HBRBELIER.
Ce n'est pas cela... mais il vaut mieux ne rien lui dire avant que les choses soient un peu avancées. C'est comme cela qu'il faut agir avec lui ! Autrement, quand on le met au courant, il résiste, il fait des objections. Tandis qu'une fois que c'est d:5cidé, il n'ose plus déranger ce qu'on a fait, et il ne dit plus rien.
LA BARONNE
Ah! comme elle le connaît bien, son cher mari ! Ah! la fine mouche que cette chère amie!
MADAME HBRBBLIBR.
Demain seulement je lui dirai ce qui en est.
LA BARONNE. '
Alors c'est le grand complot en sourdine? (Regardant Yvonne.) Le mystère? Parfait, parfait, parfait! (A Yvonne.) Eh bien?
MADAMB HBRBBLIBB.
Yvonne I
AGTS DKUXIÈIIS 77
TVONMB, ■'approchas t.
Maman f
LA BARONNE, prenant la main d'Yvonne.
Bh bien 1 On est contente ? On ne sait pas ? On est troublée? On ressent nne délicieuse petite angoisse! Abl c'est qu'un grand moment se prépare 1 C'est le jour où la maman et le papa vous donneront/ l'autorisation d'aimer! (avoo «xtaBo.) Âht aimer ! aimer I Vous êtes contente ?
YVONNE
Oui, madame !
LA BARONNE
Cbère petite ! Quelle joie pour moi de faire le bonbeur de ces deux êtres si bien faits l'un pour l'autre, (siie te dirige vers le fond.) Il me semble déjà le voir entrer tout souriant» avec sa grande allure et se précipiter, plein d'impatience, (sur un antre ua à eiie-môme.) Ab 1 ça ! Qu'est-cc qu'il fe^it ddjac î
Elle sort par le fend, à gauche YVONNE, sans bouger, à sa mère.
Ecoute, maman!... (Bas, à madame Herbelier ^i l'est
•pprochêe d'elle.) Jc voudrais bien ne pas me marier!
y MADAME HERBELIER, bas*
Qu'est-ce que tu me racontes?
YVONNE, bas.
Je voudrais bien ne pas me marier ! Tu avais dit que je ne me marierais qu'à vingt an&.
MADAME HBRBELIKR> bat.
Oui, mais je te le répète que c'est un mariage
78 TRIPLKPATTfi.
tellement inespéré, le yicomte de Hdudant Tu seras de l'entourage des Princes î
YVONNE, même jeu.
Ecoute, maman!... Je voudrais bien ne pas me
marier !
MADAME HEIVBBLIER> has.
Tu veux décourager la baronne, qui s'occupe si gentiment de toi ? Surtout ne dis pas ça devant elle.
YVONNE, bas, la retenant.
Maman, m^ petite maman chérie, laisse-moi te dire encore une chose... Je voudrais ne pas me marier...
MADAME HERBËLIER, baa.
Ta n'es pas raisonnnable.
LA BARONNE, paraissant an fend à dreite.
Ah ! Je vois ce que c estt On raconte teut bas
son bonheur à sa maman. (Elle descend vers Yvonne.)
Vous êtes heureuse ? Dites un peu si vous êtes he«* reuse ?
YVOKNK.
Oui, madame!
MADAME HSRBSLISB
Ne restons pas ici. Je creis que j>ntends mom mari. \
LA BARONNE
Allons danser!... En attendant le Prince Charmant! (a eile*inème, regardant la porte d'entrée.) Il Dd
vient pas vite, mon Prince Charmant !
filles sorteoi.
dbyGoogk