‹ Tristram Shandy et le Voyage sentimental traduits de l'anglais. Nouv. éd. précédée de le vie de SterneChapitre 31 sur 197 · CHAPITRE CGXXXVIl · texte numérisé non relu

CHAPITRE CGXXXVIl

Mon oiiclo Tobie devient amoureux.

Si le lecteur est curieux d'arriver à ces fameuses amours de mou oncle Tobie et de la veuve Wadmaii, il faut qu'il preime patience, elles auront leur tour. Quant à présent, je pi étends seulement être dispensé de délinir ce ([ue c'est que l'amour, et tant (jue je pourrai me faire entendre à Taide du mot, sans y ajouter d'autres idées

THISTUA^l SIIANDV. 03

(jiio celles que j'ai en coininiin avec le reste des lioinmes, que mv servirait de dire ce que je pense de la cliose? Quond je ne pourrai plus aller, et que je me trouverai (Mupelré de tous côtés dans ce lal)yrintlie.niystique, alors je m'expliquerai avec plus de précision, et l'on verra ce que je pense sur l'amour.

Pour le moment, je me flatte d'être suffisamment entendu, en disant au lecteur que mon oncle Tobie tondra amoureux.

Ce n'est pas que la phrase soit tout à t'ait de mon i^oùt; car, dire qu'un homme est tombé amoureux, ou qu'il est profondément amoureux, ou qu'il est dans l'amour jusqu'aux oreilles, ou qu'il y est par-dessus la tête (ce qui, par l'analogie du langage, semble indiquer que l'amour est au-dessus de l'homme), c'est rentrer dans le système de Platon. Or, quoique l'on ait donné à Platon l'épithète de divin, je le déclare pour cela seul hérétique et digne de l'enfer.

Mais que l'amour soit ce qu'on voudra, mon oncle Tobie n'en devint pas moins amoureux.

Et peut-être, ami lecteur, que si vous eussiez été tenté de même, vous auriez succombé comme lui; car jamais vos yeux n'ont vu, jamais votre concupiscence n'a convoité un objet aussi séduisant que la veuve Wadman.

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