‹ TriviaChapitre 52 sur 106 · XL VIII NOTRE EPOQUE · texte numérisé non relu

XL VIII NOTRE EPOQUE

Une fois de plus, quand le train sortait de la gare, le vieux Monsieur tira de sa poche sa grosse montre brillante, et pour la cinquième fois, qui me parut la cinq centième, il s'écria : (nous étions seuls dans la voiture), « A la minute! à la minute précise ! Quelle chose prodigieuse que le chemin de fer; quelle époque étonnante! »

Je me sentais, dès longtemps, agacé par la mine souriante, les platitudes et les piles de journaux du vieux Monsieur; je ne ressentais nulle tendresse pour notre Epoque, et un élan subit me dressa contre elle.

« Permettez-moi de vous dire », répliquai-je, « que je tiens cette époque pour odieuse et ignoble ! Où trouvez-vous grandeur de Vie, dignité, ordre et majesté; que deviennent l'Art et l'Eloquence ? Nommez-moi vos grands savants, vos hommes d'Etat? Laissez-moi vous demander, Monsieur », m'écriai-je, en le foudroyant du regard « où vous voyez un Gibbon, un Burkç ou un Chatham ? »

Page 1