‹ TriviaChapitre 66 sur 106 · LE PRINTEMPS A LONDRES · texte numérisé non relu

LE PRINTEMPS A LONDRES

Londres prenait, le dernier hiver, l'aspect d'une ville souterraine; son ciel bas semblait un toit de cave, et la lumière fumeuse de ses jours rappelait celle que des livres prêtent à des contrées enfouies loin sous la terre.

Et pourtant, la vraie lumière du Soleil y brillait quelquefois; des nuages blancs passaient dans le ciel bleu; la multitude interminable des toits était baignée d'argent par la Lune ou se vêtait du manteau d'une neige nouvelle. Et l'arrivée du Printemps à Londres fut pour moi pareille à la descente de la vierge déesse aux Royaumes de la Mort, où des fleurs roses d'amandier voltigeaient autour d'eHe dans les ténèbres, et où sa venue suscitait, parmi le peuple des ombres, un frémissement et un désir confus des prés verts et de la vie des bergers. Jamais il n'y eut rien de plus frais et de plus virginal dans les bois ou les vergers, que la clarté du jeune feuillage de Mai qui nimbait de vert tendre tous les arbres enfumés de Londres.

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