Bell. Jud.^ livre VI, chap. vi
voit çncore les arasements formés de blocs considérables; que les cavernes royales sont les tombeaux des rois^ à 500 mètres de là dans Test; que par conséquent il faut faire passer par ces deux points le tracé du premier mur ou mur d' Agrippa. On sera peut-être de meilleure composition plus loin , et Ton avouera que, du monument du Foulon à la porte Saint- Étienne (où commence le vieux mur), la distance étant de 1 300 mètres, c'est-à-dire de la moitié du front oriental de la place, il est assez étrange que Josèphe en parle si légèrement , et ne dise pas au moins « que le mur neuf continue à longer la vallée du Cédron jusqu'à ce qu'il se raccorde avec l'ancien. »
Je reconnais l'exactitude de la citation de Josèphe; je m'en empare à mon tour, et je prétends arriver à démontrer que , toutes les identifications qu'on m'oppose étant autant d'erreurs, l'objection n'a plus de base et laisse subsister intacte mon opinion.
En effet, la tour Hippicus étant près de la porte actuelle de Jaffa (c'est un point acquis dont tout le monde convient), « la tour
Pséphina s'élevait en face ; » expression bien étrange si nous la plaçons là bas, près des collines blanches, puisqu'elle sera cachée par le saillant du couvent latin , et séparée de sa compagne par un intervalle de 700 mètres environ. « Du haut de la tour Pséphina, élevée de 70 coudées, on voyait au soleil levant l'Arabie, la mer et jusqu'aux limites de la Judée. » A part l'hyperbole, innée chez Josèphe, je défie qu'à 70 coudées au-dessus du sol déprimé où l'on montre les vestiges prétendus de la tour Pséphina, on puisse voir, non l'Arable, mais même la partie basse de Sion. Enfin, les assises de la soi-disant tour Pséphina offrent en longueur une ligne droite de 60 mètres \ et comme cette tour était à huit pans , ce ne peut être qu'un des côtés de l'octogone : calculons donc sur ce côté Varea totale enfermée dans le périmètre de la tour, et nous verrons qu'elle aurait couvert une surface de 14,176 mètres carrés à peu près !
Les Juifs ont fait de grandes choses, mais
ici nous enchérissons trop sur Josèpbe; il est honteusement distancé. J'ajouterai pour mémoire que les blocs sont un seul et même banc (le roche traversé perpendiculairement par des failles naturelles qui imitent des interstices de pierres juxtaposées jusqu'à une profondeur de trois décimètres, mais ne s'enfoncent pas plus ayant.
Pour moi donc, les arasements de la tour Pséphina sont un de ces rochers que Titus fit aplanir*, et qui depuis, sans doute remanié plus complètement, servit de base à une maison de campagne, comme semble l'indiquer une petite citerne tout à fait contigué. De là, en remontant vers le saillant qui forme l'angle nord-ouest des fortifications, on n*a pendant 350 mètres qu'un sol rocheux dont l'aspect franc indique la virginité. Les 300 mètres qui suivent traversent un champ dont la terre végétale pourrait cacher des vestiges de bâtisse , mais je ne vois pas la nécessité d'une telle supposition. La tour Pséphina était à l'an-