‹ Trois ans en JudéeChapitre 28 sur 119 · Jean, XIX · texte numérisé non relu

Jean, XIX

côlé de cette me qui passe à nos pieds, nous remarqueitHis, au milieu des maisons, un édifice en ruine arec des fenêtres en ogive; Toilà ce qui reste de l'église bâtie sur remjdacement où s*éTanouit la sainte Vierge en rencontrant son divin fils (/F* staliony.

Prenant ensuite à gauche pendant une soixantaine de pas, nous trouvons la maison du Mauvais Riche', qui sert aujourd'hui d'hôpital miUtaire; les assises des pierres sont rouges et noires, ce qui permet de la distinguer facilement

Ici est le trivium où aboutissaient, comme aujourd'hui, les rues qui partaient de la Porte Judiciaire et de celle d'Ephraîm, et où les juifs, témoins de l'état de faiblesse de Notre- Seigneur, dans la crainte qu'il ne pût arriver jusqu'au Golgotha , arrêtèrent un homme qui revenait des champs, Simon le Cyrénéen, auquel ils firent porter la croix (F* statkm) K

Le souvenir en est conservé aux fidèles par

1. Sanutus, livre III, partie XIY, chap. x.— 2. Saint Luc, XVI. — 3. Saint Matth., XXVII, 32. — Saint Marc, XV, 21. — Saint Luc, XXIII, 26.

une entaille faite dans le mur situé à l'angle de la rue qui est à notre main droite, et que nous allons remonter jusqu'à ce que nous trouvions à main gauche un tronçon de colonne couché dans le pavé. Ce tronçon indique l'emplacement de la maison sur le seuil de laquelle se tenait sainte Véronique lorsqu'elle essuya la figure trempée de sueur du Christ (7/* sta^ tion)K

Ce lieu fut témoin d'un des derniers miracles de Jésus, qui a voulu récompenser la foi de cette femme. Son véritable nom était Bérénice ; mais elle fut canonisée sous celui de sainte Véronique (vera icoUy vraie image) *,

Voici encore une vieille tradition du pays dont je ne garantis pas l'authenticité. On raconte que Noire-Seigneur, passant devant la boutique d'un cordonnier, voulut se reposer •un instant ; ce juif fanatique le frappa en lui criant de marcher. Jésus se leva, et, en s'éloignant, lui dit : « Tu marcheras tov-mémç,

1. QuaresmiuSj t. II, p. 230. — Àdrichomius , description de Jérusalem, n" 44.— 2. Coll. desBollandistes, mois de mai ; t. VII.

et jusqu'à la fin des siècles. » Cette légende du Juif-Errant, si populaire, se vérifie depuis dix-huit siècles : la nation déicide erre depuis lors, accomplissant, comme pria; du sang divin (haq-ed-dem)y la terrible sentence portée contre Thomme impitoyable *. Ces quelques pierres en escaliers qui sont dans le mur de droite faisaient partie, toujours d'après la tradition, de la maison de cet homme qui devait personnifier son peuple. Que la tradition soit vraie ou fausse, la menace prophétique du Sauveur représente bien le sort réservé au peuple juif, qui erre dans le monde sans patrie, sans foyer, pour n'avoir point compris les grands enseignements du christianisme !

Nous sommes arrivés à une partie descriptive assez difficile à saisir.

Cette colonne de pierre grisâtre qui est en face de nous appartenait jadis à la Porte Judiciaire, sous laquelle Jésus fit sa deuxième chute (F//* station).

Ici finissait donc la ville et commençait la

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