‹ Trois ans en JudéeChapitre 47 sur 119 · Jérém., XXX · texte numérisé non relu

Jérém., XXX

motifs de rorneinentation sont dans le même style et du même travail que les sculptures qui se trouvent aux tombeaux des Rois, A une époque peu reculée relativement, peut-être six ou sept siècles, les chambres de cette nécropole servirent de chapelle, et furent ornées de peintures murales dont on voit les traces; les chrétiens l'appellent Retraite des Apôtres, s'ils sont grecs, Tombeau de saint Onuphre, s'ils sont latins ; et peut-être un juif qui s'intéresserait aux anciens récits l'altribuerait-il, comme demeure dernière, au grand prêtre Ananias, dont le tombeau devait se trouver à cet endroit, d'après les indications de Flavius Josèphe.

Vingt pas à Test, à peu près, au fond d'une petite tranchée à pente rapide, on trouve un joli fronton triangulaire au-dessus de la porte carrée d'un caveau sépulcral. Les deux côtés de l'ouverture sont flanqués de piliers encore visibles, bien qu'engagés dans la terre, et le sommet du triangle supporte une espèce de trèfle en bas -relief. L'intérieur de cette nécropole très-vaste, composée de dix caveaux,

offre cette particularité, que les plafonds, au lieu de former angle droit avec les murs, sont en voûte surbaissée; les cercueils, creusés en auge, sont encombrés d'ossements, et la blancheur de la pierre donne lieu de croire qu'elle n'est que depuis peu de temps en contact avec l'air extérieur.

Continuons à remonter la pente de la vallée de Beni-Hinnom, toujours en suivant les flancs du mont du Mauvais-Conseil : les sépulcres deviennent innombrables; il serait fastidieux de les décrire tous; quelques-uns ont servi d'habitation à de pieux anachorètes, qui y ont laissé des traces de leur séjour ; d'autres portent des inscriptions, grossièrement gravées en lettres grecques pendant le moyen âge, indiquant Tappropriation du local à la sépulture des diveses corporations religieuses de Sion la sainte.

Cette agglomération de tombeaux au-dessous de Topheth est d'autant plus étrange qu'il existait à l'époque des rois un préjugé contre cette localité ; l'ensevelissement à Topheth était considéré comme un déshon*

neur*. Nous pouvons donc en être certains, nulle de ces nombreuses tombes n'a été creusée sous le règne des souverains de la dynastie davidienne, c'est-à-dire pendant les six siècles qui ont précédé la captivité de Babylone.

Nous ne les attribuerons pas davantage aux Jébuséens, le style de romementation des quelques caveaux qui ne sont pas entièrement simples ayant un caractère plus moderne et se rapprochant tout à fait des sculptures qu'on voit aux tombeaux des jugées, à ceux des rois, et aux deux portes de l'enceinte de l'ancien temple. Il faut donc croire que la vallée des Beni-Hinnom n'est devenue un cimetière qu'à partir des Asmonéens, le préjugé contre l'impureté de cet endroit s'étant effacé de l'esprit du peuple. On serait, au premier abord, tenté d'y voir les sépulcres du vulgaire dont parle le l^vre des rois*; mais, outre le témoignage si précis de Jérémie, le texte du livre saint indique qu'il faut les chercher dans la vallée du Cédron. La nécropole populaire était dans

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