‹ Trois apôtres de la Nouvelle France [microforme]Chapitre 23 sur 30 · NT · texte numérisé non relu

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Le Père GABRIEL LALEMANT. 9

+ k Le P. G. Lalemant s’emharqua à la

| Rochelle, le 15 juin 1646. Avec lui partaient : le P.Claude Quentin, procureur de la mission, | | les PP. Adrien Daran et Amable de Prétal et | le F. Masson. Leur convoi était nombreux, leur |

| que réelle ; car, sous prétexte de poursuivre |

traversée fut belle et, au mois de septembre, ils arrivèrent sans encombre devant Québec... Les nouveaux venus trouvèrent la colonie

dans un trouble profond. Après avoir long- | terps guerroyé contre les Français, les

Iroquois, touchés de la clémence du gouver.

neur, M. de Montmagny, qui avait remis en

liberté quelques-uns de leurs prisonniers, sans | | leur faire aucun mal, s'étaient enfin décidés | | à traiter de la paix avec lui. Mais c'était une | | paix de sauvages, beaucoup plus nominale |

| la guërre contre les Algonquins et les Hurons,

les Iroquois continuaient sans scrupule leurs incursions dans le pays. Échelonnés le long du Saint-Laurent, ils y dressaient des embus-

cades si meurtrières que la navigation n’y | était plus possible qu’au risque de très grands | dangers. Les Hurons n’osaient plus descendre |

le fleuve pour venir échanger leurs pelleteries. |

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10 Le Père GABRIEL LALEMANT.

Vrais félins, les Iroquois se glissaient partout

, sans être aperçus. Les femmes huronnes

| allaient-elles à leur champ pour y cueillir la | poignée de blé d’Inde, sobre ration du jour ?

| elles étaient scalpées sur place et massacrées | sans pitié. Les chasseurs essayaient-ils d’entrer | dans la forêt ? Ils étaient entourés soudain, | accablés sous ie nombre et tués ou traînés en | captivité — Surpris au point du jour, ou | même dans la nuit, nombre de villages avaient | été pillés. L’alarme et le deuil étaient de | toutes parts, et la consternation avait pris de | telles proportions que les chrétiens indigènes

| deSillery ne se croyaient plus en sûreté aux | portes mêmes de Québec.

Le P. G. Lalemant et ses compagnons de

| route purent donc juger par là au premier coup | d’œil qu’une ample moisson de souffrances les | attendait. Mais les mérites ne seraient-ils pas | en proportion ? Et l'amour comptet-il avec | le sacrifice, quand le sacrifice lui permet de | s'affirmer ? — Tout heureux de voir la croix | si proche, le P. Gabriel s’y fût précipité sans

| retard en volant vers le pays des Hurons,

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