‹ Trois apôtres de la Nouvelle France [microforme]Chapitre 26 sur 30 · Nous arrivâmes au premier village. Outre les · texte numérisé non relu

Nous arrivâmes au premier village. Outre les

. coups de poing et les coups de bâton que je reçus dans | les parties les plus sensibles du corps, ils me fendirent

encore une fois la main gauche entre le doigt du milieu

| et l'index, et leur bastonnade fut telle que je tombai à | terre à demi mort. Je croyais avoir perdu mon œil droit

avec la vue. Comme je ne ne reïevai pas, parce que je n’en étais pas capable, ils continuaient à me frapper,

! surtout sur la poitrine et sur la tête. J'aurais certainement

expiré sous leurs coups, si un capitaine ne m'eût pas fait

| traîner à force de bras sur un théâtre formé d'écorces,

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| comme le premier. Là, ils me coupèrent peu après le gros | doigt de la main gauche et fendirent l'index... Ils me

brûlèrent le reste des ongles et quelques doigts des mains.

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14 Le Père GABRIEL LALEMANT.

| crainte de retomber entre leurs mains ne le

| fit pas reculer. — Dieu bénit son courage et,

| attaqué de nouveau par ses anciens bourreaux, le P. Bressani leur échappa cette fois, défaits qu’ils furent par l’escorte, relativement forte

| du reste, qui l’avait accompagné.

| Lorsque trois semaines après (6 août 1648), la flottille huronne, forte de soixante canots,

| s'apprêta à remonter le fleuve, elle était

: abondamment fournie de provisions de toutes

| sortes. Elle avait à bord douze soldats français

| pour la défendre, et elle amenait cinq jésuites: parmi eux, se trouvait le P. Lalemant.

| Ces intrépides soldats de la croix savaient

| bien le péril qu'ils affrontaient. L’eussent-ils

| ignoré, un regard sur le P. Bressani le leur

| aurait appris : ses doigts coupés, ses mains

| tailladées portaient l’ineffaçable marque de la

| cruauté iroquoise. Mais ces membres mutilés | | témoignaient aussi en faveurde JÉSUS-CHRIST:

| Ils disloquèrent les doigts des pieds et me percèrent un

| pied avec un tison.… Je devins si infect et si horrible que |

tout le monde s'éloignait de moi, comme d'un cadavre

| en putréfaction, et on ne m'approchait que pour me

| tourmenter.… » P. Bressani, Lettre au T. R. P. Général |

| sur sa captivité... (Æe/ation abrégée... traduit de l'italien | | par leR. P. F, Martin,S, J.) |

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