ACTE IV, SCÈNE II 39I
TZYMISCÈS, fièrement .
Mais moi, je ne suis pas avec vous!
Sur un geste de la Basiîissa, Cixerina reconduit Bringas, Bourt::^h et Ahalanth.
SCÈV^E II THÉOPHANO, TZYMISCÈS.
THÉOPHANO, se levant.
Qu'as-tu dit?
TZYMISCÈS.
La vérité... Toujours cet eunuque maudit! Quelque complot encore, où Ton voudrait peut-ctre Me proposer un rôle?
THÉOPHANO.
Oui, le rôle du Maître!
TZYMISCÈS.
Le maître est ton époux, ton Basileus. C'est lui, Nicéphore !
THÉOPHANO.
C'est toi, Tzymiscès!
TZYMISCÈS.
Aujourd'hui, Après un an passé près de lui, sur un trône, On est lasse sans doute; on m'offre cette aumône, Cet appas... le pouvoir et l'amour!...
TMtOrKANO.
Le pouvoir.
Tu le sais, c'est pour toi que j'ai voulu i'av
TZÏMISCÈS.
■ Tu r»s payé trop cher pour que je le rachète! ' Ce n'est plus aujourd'hui qu'un os rongé qu'on jette :ndiants; mais moi, je ne tends pas la mainl
TKtOPHANO.
Jcnn, vcux-tu m'ccouter? Attends jusqu'ï demain
Pour l'cpouscr; aiTends que je me justifie...
Li-bas, en le tuant, c'était joi
Au husard, rien que pour la vengeance!... Tu sais
Que je n'aimnis que toi, que je le haïssais...
Si tu l'avais voulu, j'aurais risqué le cnme
Quand m^mc, et vainement... Aujourd'hui qu'il Opprime
L'Empire, il est haï de tous. En lui prenant
La couronne, je puis te l'oArir maintenant...
Sais-^u mon oeuvre ? Il est ma chose ! 11 est ma proie !
Cette petite main le torture et le broie
Et le phe à tous ses caprices... Ce pieux,
Ce saint est devenu maintenant odieux
Aux moines; je l'ai fait sacrilège et parjure!
Cet esprit fier, ce cceur vaillant, cette âme dure.
J'ai su les amollir, les abaisser assez
Pour lui faire oublier tous ses orgueils passés!
Afin de couvrir d'or tous mes désirs de femme,
11 pressure le peuple et le pille et l'affame!
Il est injuste et dur aux soldats ; malheureux,
Il prend en cruautés sa revanche sur eux.
Tout cela c'est mon œuvre, et meilleure et plus îûre
Et plus mortelle, va! que n'est une blessure!