ACTE IV, SCÈNp I
LA CHANOINESSE
Pour bébé! Sa robe de baptême.
LE CURÉ
Vous le gâtez déjà.
LA CHANOINESSE
Je change de système. L'autre ne m'a pas trop réussi ; j'ai fait vœu D'avoir un cœur de miel pour ce petit-neveu.
H est déjà méchant, le diablotin! N'importe!
11 a beau tempêter, jamais je ne m'emporte ; C'est fini la colère, et ce monsieur d'un mois Me guérit tout à fait de mes anciens émois.
Je suis la bonne humeur archisempiternelle.
Louis a du bon temps, maintenant, et Jeanne, elle. Qui mangea tout d'abord son pain noir un peu sec, Ne mange que pain blanc, et beurre et sucre avec.
LE CURÉ
Eh bien! n'êtes-vous pas plus heureuse, et, si j'ose, Plus contente de vous?
LA CHANOINESSE
L'abbé, c'est autre chose.
LE CURÉ
Que vous avez bien fait de l'admettre chez vous !
LA CHANOINESSE
Et le moyen de faire autrement?... Mais tout doux! Je n'ai pas consenti, l'abbé, j'étais forcée. L'enfant! Le Keruzel! Suis-je donc insensée?
Croyez-vous que je sois d'esprit assez étroit
96 KERUZEL
Pour ne comprendre pas que l'enfant avait droit D'entrer ici... D'abord il fallait que je sauve Le marquis. Je n'ai pas un cœur de bête fauve! Je les ai mariés... Ah! cela m'a coûté!
La fille aux Cadorel marquise!...
Riant.
En vérité, C'est bouffon !
Mais Jeanne a grand air de châtelaine.
LA CHANOINESSE
Oui, grand air, n'est-ce pas? la petite vilaine! Elle a toujours vécu près de moi... Jeanneton Châtelaine!... Après tout, si j'en crois les dit-on. Elle aurait du sang bleu dans les veines. On conte Que ce mauvais sujet de Brézan, le vieux comte. Mon prétendant... manqué... dans les dix mois avant La naissance, venait chez la mère souvent.
Et qu'il n'y revint plus jamais après la couche.
LE cVKèy protcslaiit.
Madame...
LA CHANOINESSE
Les Brézan sont de très vieille souche.
LE CURÉ
On en fait tant courir, des bruits comme cela!...
LA CHANOINESSE
11 n'est pas revenu... je le reconnais là, C'est comme s'il avait signé Jeanne.