‹ Trois drames en versChapitre 85 sur 176 · ANGUS, MARIE · texte numérisé non relu

ANGUS, MARIE

ANC us, s'approclxint de Marie.

Marie, Ne restez pas ici... J*ai peur... Je vous en prie, Venez... Je veillerai sur vous...

MARIE, le repoussant du regard.

Veiller sur moi!

D*où vous vient, tout à coup, Mylord, ce tendre émoi? A Sa Grâce, vraiment, vous parliez d'autre sorte... Vous avez peur pour moi?... Non! j*ai Tàme plus forte... Ne craignez rien; tous ceux qui combattent là-bas Sont les amis du Roi, les miens!

ANGUS

Ne reste pas Ici ; j'ai peur pour toi î . . .

L'entraînant vers la galerie.

Tiens! écoute, regarde...

Ces cris ! . . . ces coups de feu. . . Viens-t'en que je te garde !

MARIE

Sous la garde d'un traître !

ANCUS

Ah! viens, je meurs d*effroi,

MARIE

Que je suive celui qui m*a livrée au Roi!

ANCUS

Oh ! ne dis pas cela, Marie ! Oh ! je te jure Qu'il a menti... Ce n'est pas vrai!... Pas cette injure!. Ne croyez pas cela... Non! je vous prouverai... Je ne suis pas ce qu'il disait... Ce n'est pas vrai!

MARIE

Tombe donc à genoux, vassal, devant ton maître, Si tu ne souffres pas que je t'appelle traître!

ANCUS

Ce nom-là, si tu veux, oui, je l'ai mérité!

Si tu veux, dis que j'ai trahi la Royauté;

Que tu m'appelles traître, eh bien! oui, je supporte

Cette injure! Oui, je suis un traître... Que m'importe

Lui, je le hais, mais toi!... Toi, je ne te hais pas...

Moi, te vouloir du mal ! Te jeter dans ses bras !

11 mentait!

MARIE, ramassant à rentrée Je la cijamhre le plaid avec lequel Douglas V avait hdillonnée.

Si ce plaid est le tien, sur mon âme. Ne dis pas que je mens quand je t'appelle infâme!

ANCUS, lui prenant les mains.

Moi qui t'aime...

MARIE, se dégageant.

Ah!

ANCUS

Non, non! ce n'est pas de l'amour Que tu crois... Tu n'as rien à craindre... Viens!... Un jour Je te dirai... Viens donc... J'ai peur... Bientôt, j'espère, Tu sauras!

MARIE, après un silence, le regardant en face.

Seigneur Dieu... si vous ëtie? mon père!

Vous !

ANCUS, baissant la tête.

Non!

MARIE

Celui que j'ai rêvé si loyal!

ANCUS

Non!

MARIE

Ce serait vous!

ANCUS

Non! non!

Je porterais ce nom Que je hais! Je serais, moi, de cette famille Des Douglas!

ANCUS

Non! non! non!

MARIE

Je serais votre fille!

ANCUS

Non! mais viens!...

MARIE

Il serait mon père, lui î Vraiment Je suis d*un sang meilleur! Mon père, en ce moment, Coupable comme vous, fût-il de la famille Des Douglas, bondirait à la voix de sa fille. Et, soucieux d'avoir son pardon, en ce jour.

En faisant ce qu'il doit, gagnerait mon amour !

UN SOLDAT, entrant à gauche.

Trahison! trahison!...

UN AUTRE, venant du fond.

La cour est envahie !

MARIE

Soumettez-vous, Mylord, et rendez Tabbaye !

ANCUS

Ils me prendraient le Roi !

Faites votre devoir,

Si vous êtes mon père!...

ANCUS

Us auraient le pouvoir!

Non! Je suis le Régent! Je ne suis pas ton père! Mais viens-t'en!...

MARIE

Non! adieu!

Elle se jette dans la cîximbre. Les clameurs redoublent. Angus va la suivre, lorsque les lx)mmes du Roi paraissent à la porte,

ANGUS

Trahison!... Dieu! que faire?

SCÈD^E VII

MARIE, BEATON, SIR WALTER, LE COMTE DE LENNOX, hommes des clans de Scott et de Leitnox armés; puis MADELEINE.

BEATON et SIR WALTER, apptjra issûttl à la porte de la chambre du Roi, conduits par Marie.

Bellenden!

Clameurs dans la chambre.

Bellenden !

ANGUS, devant V escalier.

A moi, Douglas ! A moi !

Les soldats se massent devant lui.

Le Roi?

BEATON, à Marie.

MARIE, montrant l'escalier.

Là! là! Mylords!

BEATON

En avant!

SIR WALTER

Pour le Roi !

Ils se précipitent dans Vescalier. — On entend des cliquetis d^ armes*

MADELEINE, portant la Croix de Feu, apercevant Marie. Marie!... Ici!... Comment?

MARIE

Viens que je te raconte!

MADELEINE

Dans la chambre du Roi?

MARIE, r entraînant.

Viens-t'en! Ici, )*ai honte!

Elles sortent par la chambre. — On voit les partisans du Roi, repousses par les Douglas, envahir la scène. . . — Lutte,

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