‹ Trois éducations princières au dix-septième siécleChapitre 5 sur 181 · Jdid., p · texte numérisé non relu

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12 LE GRAND GONDÉ.

retinst beaucoup en son voyage ' :^. Mgr le duc d'Aumale nous apprend que quelques-uns des Pères de la Société avaient donné ses premières leçons au précoce écolier *.

Gouverner, . c est prévoir. Depuis plusieurs années, Henri II de Bourbon-Condé, gouverneur du Berry, père du duc d'Enghien, songeait à cette éducation. Il la confierait aux Jésuites de sa bonne ville de Bourges ; mais dans quelles conditions ? Les circonstances lui suggérèrent une combinaison heureuse pour tous. Par bulle du 29 décembre 1621 3, le pape Grégoire XV avait sécularisé labbaye régulière de Déols en faveur du prince, à charge d en employer les vastes revenus à l'érection d'une collégiale séculière et aussi d'un collège de la Compagnie de Jésus, à Châteauroux. La dotation de la mense serait de six mille livres de rente ; celle du collège de quatre mille. Mais les Jésuites, peu désireux de se faire à si courte distance, les concurrents de leur propre collège Sainte- Marie de Bourges par « le divertissement des Ecoliers d'iceluy ^», estimèrent plus avantageux d'y transférer la rente promise ailleurs. Cette maison, riche déjà de cinq à six cents écoliers ^ tirait son importance spéciale de l'Université de Bourges, à laquelle elle avait été incorporée dès 1575. Depuis le 19 juin 1619, les Jésuites de Sainte-Marie composaient même seuls la Faculté des Arts, et le recteur du collège était le recteur de cette Faculté ^ Restait à le transformer en collège de plein exercice, sur le modèle de ceux de Lyon et d'Avignon. La fondation d' € ung cours de théologie, composé de quatre lecteurs en théologie et ung lecteur en langue hébraïcque '>, réaliserait sur ce point les prescriptions de l'Institut et les désirs du Prince.

A personnel accru, il fallait bâtiments agrandis. Dès 1615, un plan de reconstruction avait été projeté par le frère Etienne Martellange, le célèbre architecte de la Flèche ^ Il sommeilla jusqu'en 1627, année de la transaction de Déols. Aux termes de cet acte, M. le Prince donne la somme de douze mille livres une fois versées € pour estre employées à l'édification, ampliation et augmentation du collège... plus embelli et plus au large 1^. Après de lentes négociations avec le général de l'Ordre, Mutius Vitelleschi, les parties étaient tombées d accord. Les Pères se tenant, lit-on dans le même acte, € contens, bien payés et satisfaits >, s'obligent à « faire faire un corps de logis... le plus convenable et... le

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