‹ Trois femmesChapitre 4 sur 53 · A LUI · texte numérisé non relu

A LUI

Aimer est toute ma science.

( Opéra.)

La rose du matin, entr'ouvrant son calice, Ne demande au soleil qu'un jour calme et propice; Tu ne veux qu'un bosquet powr t'y cacher toujours, Doux rossignol; et toi, dont l'onde est si plaintive, Clair ruisseau, tu demande (1) aux gazons de ta rive Des fleurs pour embaumer ton cours.

( 1 ) Il y a ici une faute de français : tu demandex exige un n final , et alors le vers aurait un pied de trop. J'ai laissé celte faute parce que je me suis fait une loi de ne rien changer aux pièces originales, et qu'il eût fallu, pour la faire disparaître, refuudre entirreujent la fin de la strophe.

Comme eux, j'ai d'un vœu seul occupé ma jeunesse; Comme eux , je l'ai redit , dans ma naïve ivresse , De l'aube matinale à la fuite du jour ; Je n'ai point demandé les biens que l'on envie, Et ma voix au destin , pour embellir ma vie , N'a demandé que son amour !

Ah ! ce bien refusé , ce bien vers qui mon âme S'envola si souvent dans ses rêves de flamme , Eût fait tout mon bonheur, m'aurait ouvert les cieux Ce luth qui maintenant gémit de ma tristesse Eût , pour chanter son nom, célébrer sa tendresse, Appris des chants mélodieux.

Voir son regard chéri tomber sur ma paupière Comme un rayon d'amour, de vie et de lumière , Entendre mes soupirs répétés par son cœur, Trouver sur tous ses traits cette ivresse inquiète Qui , lorsque le hasard l'amène en ma retraite , M'aeite avec tant de douceur;

Lui donner sans retour mon heureuse existence , D'un jour passé sans lui faire une longue absence , Loin de lui du malheur détourner tous les coups ; Sûre d'aimer toujours, l'être de toujours plaire... Voilà comme je vis le bonheur sur la terre !... Hélas ! mon rêve était trop doux

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