‹ Trois femmesChapitre 6 sur 53 · UN SECRET · texte numérisé non relu

UN SECRET

Et TOilà tout ce que je sais.

( Léocadie.)

Dans les cercles du soir l'avez-vous aperçue , Cette femme que suit quelque secret fatal , Dont la beauté mourante attriste l'âme émue , Et dont le sourire fait mal?

Dans des larmes toujours son doux regard se noie , Un long cercle bruni cerne son œil éteint , Sur son front, qui jamais ne reflète une joie, Un malheur calme. est toujours peint.

(i) Cette pièce est entièrement historique : la fenilifie qui la composa en a trouvé le sujet dans la morl d'une de ses amies.

Sa marche esi languissante et sa voix a des larmes , Son corps tremble toujours par la fièvre agité; Mais sa marche, sa voix, sa souffrance, ont des charmes, Car le malheur a sa beauté!

On croirait voir, le soir, lorsqu'à demi-voilée , Une lampe éloignée éclaire sa pâleur, Quelque beau marbre en deuil , qui , près d'un mausolée , Nous peint Téternelle douleur.

Par sa mère inquiète à son repos ravie , Elle suit tous nos jeux qu'elle observe à l'écart, Comme une ombre qui vient assister à la vie , Mais n'en doit plus prendre sa part.

Et l'on demande en vain par quel triste mystère Sa jeunesse en sa fleur s'efface et se flétrit, Et , lorsque avec des pleurs l'interroge sa mère. Sans répondre elle lui sourit!

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