‹ Trois inscriptions relatives à des reliques rapportées de Constantinople par des croisés allemandsChapitre 9 sur 9 · En voici la liste · texte numérisé non relu

En voici la liste

1 Do vestimento sancte Marie.

2 De capillis sancte Marie.

3 De arundine qua cesum est capat Domini.

4 De sudarjo Cristi,

5 De tunica Cristi.

6 De peplo sancte Marie.

7 De cinctorio sancte Marie.

8 De camisia rubea quam Dominus habnit in cru ce.

9 De catigis Domini.

10 De Bpinea corona Domini.

11 De vestimento Domini qnod habuit in cruce.

12 De testa et capillis s. Joliannis Baptiste.

13 De sancto Martine.

14 De peplo sancte Marie.

15 De lancea Domini.

16 De pannis Domini.

17 De sancto Philippe.

18 De sancto Georgio.

19 De sancto Antonio

20 De sancto Stephano.

21 De cruce Ladri confitentis.

22 De sancta Maria Magdalene.

23 De sancto Simon.

iO noi5 MscKirnois

Par contre, il est difficile d'y lire rinscription générale, qui court sur les biseaux du cadre, et se perd dans l'ombre du biais de ces biseaux. Hais, gràee à l'obligeance de H. Chalandon, j'ai pu en avoir un estampage, dont je donne ici le développement (pi. X).

fl De cnice qui qaeres, lege ! lude presbiter hères « Gepsit eam, navem scandens. Aoramque saaTem f Dam peciit, pestis nauiis venit obvia mestis.

• Rosit at ille manas proprias, quia mente vesanos.

• Qucm fîiit affata sic taadem Virgo beata :

« Tu cito sanns eris, fortam si reddere qneris. »

c Fratribos boc solvit Templi, moriensque retoWii

c Talia : c Dam spiro, carrent fréta tarbine mifo,

c In meqae jacto, mitescet eo mare pacto. ■

c Hune, at decessit, jaciant, pestisqae recessit.

« Rrandasium leti veniunt ; rediere qaieti

« Gam crace, qae bella sedet, bac contenta tabella. »

f Facta est bec tabala anno ab Incamacioae Domini MCGKIUI, mense febrnarij.

Il s'agit donc d'un prêtre qui a volé une relique de la Vraie Croix et s'est embarqué avec son larcin. La peste se déclare à bord, et il en est attebt gravement. La sainte Vierge lui apparaît et lui promet de le guérir, s'il rend l'objet volé. Il se

24 De sancto Lazaro.

25 De sancto Egidio.

26 De sancto Dionisio.

27 De sancta Agatba.

28 De sancto Vincencio.

29 De sancto Laça EvangelisUu

30 De sancto Teodoro.

KEiATIYES A DES BELIQDBft. 2t

contente d'en verser le prix (?) aux Templiers, et bientôt agonise. En mourant, il ordonne qu'on jette son c^rps à la mer. Aussitôt la peste cesse ; une tempête qui mettait le navire en péril s'apaise, et les compagnons du défiint rapportent à Brindes la Vraie Croix trouvée auprès de lui.

Il est rare de rencontrer sur les reliquaires une inscription aussi longue ; c'est toute une anecdote, dans le genre de celles qu'offif^nt en si grand nombre les moralistes contemporains, Jacques de Vitry, Césaire d'Heisterbach, Thomas de Cantimpré, Etienne de Bourbon.

Je n'ai point trouvé cependant, dans celles de leurs œuvres qui sont publiées * , l'histoire en question ; j'en suis donc réduit à des conjectures.

La date de confection du reliquaire, le caractère byzantin des reliques qu'il renferme 2, le mot grec clepsit du second vers de l'inscription, la désignation de Brindes comme port d'arrivée, me portent à croire que le navire, et partant la relique et son larron, venaient de Gonstantinople, un peu après la quatrième croisade. Le fait que le reliquaire était conservé à Cologne me donne à penser que le prêtre et les voyageurs étaient allemands, et que ceux-ci, avant de rapporter sur le Rhin leur pieux

1. Comparez cependant Fhistoire racontée par Césaire d'Heist. (Dialogi mirac, 1. III, c. 21, éd. Strange, I, p. 437).

2. Sur les reliquaires composés de fragments des reliques de la sainte chapelle de Bucoléon, voir mon Mém. sur les rel. deC. P.^ pp. 38-39.

trésor, lui firent faire en Italie le magnifique reliquaire que possède aujourd'hui M. Ghalandon.

Je remarquerai, en terminant, la mention qui est faite là des Templiers comme agents financiers de la croisade, en la rapprochant d'un passage assez obscur d'une lettre d'Innocent III, passage où il est aussi question de ces chevaliers comme recevant de l'empereur Baudouin P', en 1 204, tout un trésor d'objets religieux < ad opus Templi^ ».

1. Inn. m, EpUt., VII, 147 (Exuvia C. P, II, 56, cf. I, p. clv, n. 9).

Imprimerie Daupeley-GouTerneur, à Nogent-l^Rotrou.

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