‹ Trois légendes de mon pays; ou, L'Evangile ignoré, L'Evangile prêché, L'Evangile acceptéChapitre 7 sur 27 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

Il n'est peut-être pas, en Canada, un nom légendaire plus connu que celui de U Ilet au Massacre ; — mais combien de ceux qui ont appris ce nom ignorent encore le point précis qu'occupe cet Ilot sur la carte de notre pays, et combien peu connaissent les événements qui ont valu à ce petit rocher une renommée si généralement répandue, une appellation à la fois si saisissante et si terrible !

Le fond de la légende de l'Ilet au Massacre repose sur un fait de l'histoire, qui constitue le premier événement important des annales aborigènes dont il soit fait mention dans nos chroniques et le seul, antérieur à la découverte du pays, auquel il soit assigné une date à peu près précise.

C'est au grand pilote de Saint-Malo, à l'intrépide marin, à l'intelligent découvreur, à celui qui le premier planta la Croix du Christ et le drapeau blanc de la France sur le sol de notre Canada, que nous devons la mention de cet événement aujourd'hui passé dans le domaine légendaire.

On lit, en efïet, au neuvième chapitre de Ja SECONDE NAVIGATION de Jacqucs Cartier, le passage suivant :

« — Et fut par le dit Donnacona montré )) au dit Capitaine les peaux de cinq têtes » d'homm.es estendues sur des bois, comme )) peaux de parchemins ; et nous dit que )) c'étaient des Toudamens de devers le Su » qui leur menaient continuellement la guer- )) re. Outre nous fut dit, qu'il y a deux » ans passés que les dits Toudamens les )) vinrent assaillir jusque dedans le dit » fleuve à une Isle qui est le travers du )) Saguenay où ils étaient à passer la nuit, » tendans aller à Honguedo leur mener )) guerre avecque environ deux cents per- » sonnes, tant hommes, femmes, qu'enfants, » lesquels furent surpris en dormant dedans )) un fort qu'ils avaient fait, où mirent les » dits Toudamens le feu tout à l'entour et )) comme ils sortaient les tuèrent tous, » réserve cinq qui échappèrent. De la- » quelle destrouse se plaignaient encore » fort, nous montrant qu'ils en auraient « vengeance ».

Il y a dans ce passage, — à part les obscu-

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