I.R BARON
Monsieur le marquis !
ULRIC
Monsieur le baron !
LE BARON
D oh sortez-vous comme cela, s’il vous plaît ?
• Justine prùs de la toilette, la Daronno, Ulric, lo Baron.
'* Co doit c-tro une voix de femme qui voudrait faire l'homme.
(ILRiC.
Do la chambre de madame, où je m'étais réfugié, quand vous êtes entré. (Bas, d la Baronne.) Du sang-froid!
L1 BARON
Certes, l’aveu est naïf et me semble tout dépouillé d'artifice !
VLRIC, d'une voix féminine, d la Baronne,
Eh bien ! qu'en dis-tu, ma bonne amie ?
LE DARON
Oh ! ob! voilà, de par Dieu! un qu'en dit’tu? et une bonne amie..,
ULRIC, d la Baronne.
Que te disais-je, quand j’ai commencé à quitter ma robe, que voici? (Afonlrant /usttne, qui tient I ta robe et la pose sur un fauteuil, aussitôt que lif Baron l'a vue. ) Ton mari me prendra pour mon frère, sous ces habits d'homme... car monsieur est ton mari... cela se voit... Votre très- ! humble servante, monsieur.
I LE BARON, te frappant au front.
[ Oh!... c'est la sœur d’Ulric, déguisée en sous-
} lieutenant !
JUSTINE
Rien ne vous échappe.
LA D.ARONNB, d pari.
Je comprends maintenant.
LE BARON, rtanl e< allant s'euseoir sur la corbeille.
Délicieux ! ravissant ! et moi qui n’avais pas deviné celle-là I où avais-je donc l’esprit et les yeux?... Vrai! c’est charmant... c'est piquant.
^1 SC lève précipitamment en poussant un cri de doideur, et va à l'autre citrcmité de la scène *.
LA BARONNE
, Qu’eit-ccT
JUSTINE , courant vers la corbeille.
Je vais voir, madame**. (Olanl une épingle noire du couvercle de la corbeille et revenant près de ta Baronne. ) J'ai trouvé, madame... cela traversait le couvercle... une épingle noire!
LE B.ARON
Une broche, coquine!... cela me fait un mal horrible.
JUSTINE
Eh! vous avez très-bon visage : il n’y paraît pas.
LE BARON
11 n’y... Ob! {Avec douleur. ) Ah!
ULRIC, d part.
Le colonel se venge : il est piqué, il pique, (/faut, d la Baronne*’*.) Eh bien! Inès, si j’avais tenu les dix louis que lu voulais parier!.,. Hein? mais mon frère me payera les quinte qu’il a perdus... ce serontles épingles de mademoiselle Justine.
* Justine, le Baron, UBaronne. Ulric, Campolas.
** Le Baron, la Baronne, Justine, Ulric, Campolas.
*** Le Baron, U Baronne, Ulric, Justine, Campolas.
MAGASIN THEATRAL
JUSHHE.
Mot épinglMi... ^ I e'cft trop fjAaércuil
U BUoit , à Jmtlim.
Tâche de ne pas les prodiguer, toi... iee noires surtout. ( A la BarotHM.) Vous ne m’ariez pat dit, «aon Inès, ^«e vous connrasiez madame.
LA BABON'KE , embatTottée.
Moi, monsieurjl... (le remettanO il me'semMait, baron, que vont aviez déjà vu... madame.
LS BARON
Mob.
LA BARONNE
AhI...
CLRic, OU Baron,
Liées, dés notre enfance, Inès cl moi, nous ne nous sommes quittées qu'à l’époque de mon mariage, qui a précédé d'un an celui de mon amie.
LE BARON , à part.
Jolie l jolie 1 ( Haut. ) Le mari de madame babite-t-il la province, ou Paris ?
Héiaat je l'ai perdu.
LE BARON , d part.
Veuve! (Haut.) Veuve, alors?
CLRIC.
llélas!
JUSTINE, désignant VMe.
Vous allez (aire pleurer madame... elle était ai gaie tout-â-l'heure.
LA BARONNE , bat, OU Boron.
Assez, je vous en conjure.
LE BARON
An Mt, c’est une gnneberie.
JCSTINE.
Certainement.
LE BARON
UeioT
LA BARONNE
Justine!
LE BARON , à VXrie.
C'est étonnant : monsieur votre frère, que je connais, et beaucoup...
LA BARONNE, avto intention, au Baron.
Pas encore assez, peut-être.
LE BARON, à la Baronne.
N" est-ce pas qu'il est charmant? je ralTolc de lui, moi... voua aussi.
LA BARONNE
Moil
LE BARON
ilien ne m’échappe, baronne. ( A (Tirée. ) Il ne m'a jamais dit, monsieur votre frère, qu'il eftt unoseeur.
JUSTIN'E
Trois, monsieur I... nous lui en connaissons trois, madame la baronne et moi... n’est-ce pas, madame?
U BARONNE
Trois, Justine?
ntstiN-R.
Madame la baronne a raison : quatre 1 LA BARONNE , interloquée,
Eein?
LE BARON, paiement.
Vous m’en direz tant!... c’est beaucoup.
uiRic, d part.
Pour un fris unique «artont !
ut BARON, à Ulrle.
Et, où est descendue madame dans notre vWe?
CLRIC.
A l’auberge, monsieur.
LE BARON
A l’auberge 1 Une jeune et jolie veuve de qualité, à Tau berge '.je ne le souffrirai pas. Qu’on aille chercher le bagage de madame. Justine, courez dire à Adrien de venir me parler.
LA BARONNE
Cielt
LE BARON
N'est-ce pas, baronne?
LA BARONNE, balbutiant.
Oui, oui, c'est ce que je me disait...
LE BARON
Votre amie d'enfance, à l’auberge! (A /Mfénaq Demeure. (A la Baronne.) Je vais de ce pas maimême donner des ordres en conséquence.
n fait un mooTement pour s’en aller.
CLRIC, d part.
Diable I
LA BARONNE , retenant le Baron.
Monsienrl... Justine, i quoi pensez-vous donc? Quoi I vous souffririez que monsieur le Baron allât!... Mais à quoi êtes-vous bonne, mademoiselle T
JUSTINE
Monsieur ,1e Baron me paraissait si heureux, madame.
LA BARONNE
En effet!
LE BARON , d Viric.
C’est à l’auberge du Grand Cerf sans doute?
CLRIC.
Je u'ai pas bien pris garde.
LE BARON
üui, oui, c'est la meilleure ; j’y cours. Je veux être votre fourrier des logis , belle dame. Vous permettez?
11 sodirige vers la porte du fond.
CLRIC, d pari.
11 va tout découvrir!... (5'avanpant vers le Baron. Haut.) Comptant sur la sincérité des sentiment d’Inès, qui avait prévenu vos désirs, j’avais envoyé prendre mes malles...
LB BARON, «Me }Oi9.
A U boone heure doM ! à la boaoe bauro !
ULBic, moNlra»! Juttine,
Et mademoiselle avait eu la campUitaace de mettre dans cette corbeille...
JUSTINE, à part.
Deux épaulettes do colonel. {Haut.) Oui, oui, j'ai tout mis dans la corbeille de madame la Baronne. C*eet tréi-lourd, monsieur le Baron ; souievea, pour voir.
LB BARON, amlwant la eorMlle *.
Cestma foi mil il y a une bonne charKel
LA BARONNE
Permetiei que j'aille retrouver mon monde.