‹ Trois œufs dans un panier, comédie-vaudeville en 1 acteChapitre 20 sur 32 · SCÈNE XII · texte numérisé non relu

SCÈNE XII

LE BARON, ULRIC, CAMPOLAS, dam la

corteille.

ULUC, d part, pendant que le Baron reconduit ta femme jtaqu'à la porte.

Eh bien I il doit s’amuser fà-dedans, le colonel I il doublera demain mes arr£u... Non, il faut qu’il les lève ce soir... essayons.

11 fait quelques minauderies.

LS BUios, d part.

Que de grices t (Haut.) SareiaTous que tous portai i ravir l’habit de cavalier, belle dame? Votre frère, qui vous ressemble, car il voua rea> semble , et beaucoup , doit être charmant en femme. S’eat-il mil quelquefois en femme, monsieur voue frère?

ULEic, d part.

Très-bien, (ffaut.) Je >e me souviens pas si, dans certaine anecdote qu’il m’a contée, il était travesti. Non, non, il ne l’était pas ; alors l’anecdoto n’est plus qu’uu borsHj’œuvre.

* La Baronne, Ultie, Campoludoiu la corbeille, le Baron, Justine.

L1 UMN.

J’aioM les ben.d'auTre... conter.'

L'LRIC.

Un soir donc, ITric était aux arrêts, je ne me rappelle plus dans quelle ville; on dansait chei une belle dame, comme aujourd’hui chei la Ba. ronne. Mou frère rompt ses arrêts, et un quart d'heure avant le bal, se présente chez la dame, dont il était fort amoureui.

LE BinuN.

Ah! ah! le gaillard!... mais c’est de son igc.

VLBIC.

Il déclarait sa flamme à cette dame, lorsqu’on annonf a son colonel.

LE BARON

Diable! diable!... lhait.ee déjà monsieur de Campolas, ce cnioncl-là?

CLRIC.

Oui. Pourquoi?

LE BARON

Parce qu'on aime useï à connatlre lei masques.

IILRIC,

C'était lui. Notre aous-lieu tenant eOTaré aa cacha... Devines où ? dans une espèce de malle, de coffre, de je ne sais quoi... qui se trouvait là. |

li regarde tout, excepté la corbeille.

Oui, oui, comme.qui dirait ce panier.

U déaigne la corbeille.

ULRIC, avec intention.

C’est cela même. {Continuant ton récit.) Le colonel était aussi épris de la dame ; je ne vous la nommerai pas, parce que... voua eonceveil

LE BARON

Tréf-bieol très-bien 1

ULRIC

Le mari était jaloux.

LE baron.

Ah!

ULRIC

II arrive...

LE BARON

Le mari?

ULRIC

Le mari. Aussi troublé que le sous-lieutenant, le colonel a la même idée que lui, et va droit au panier.

LS BAROn,

Aie!

ULItIC.

Aie I c’est ce qua flt la dame tout épouvantée. Le colonel court à elle, la rasaure ; pendant en tcmps-là, le sous-lleutenant sort de la corbeille, aa glisse derrière, ou à eélé, ef le colonel se met dedans.

1 2' MAGASIN THEATRAL

Ll BARON.

Eh bieo ! il a dû trouver U place chaude. .. Et le mari ?...

ULRIC

PTa ricD tu.

LE BARON

Pas même le sous*licuienaDl?

ULRIC

Pardon ! Il a vu le sous-ücutcnanl, mais c'est tout. Le sous'lieutenant. par exemple, lui a l'ait voir tout ce qu'il a voulu.

LE BARON

Pauvre homme! 11 y en a pourtant comme ça!

ULRIC, avec modeuie.

Je ne sais pas ; je raconte.

LE BARON

Et fort agréablement.

ULRIC

Vous me Hâtiez.

Non, je vous jure. Après, belle dame?

ULRIC

Vous dire lequel était le plus embarrassé, du colonel ou du sous4icutenant. serait dirUdle : arrêts pour arrêts! car le sous-Iieulenant avait fermé la corbeille, et le colonel était prisonnier de bonne guerre.

LE BARON

D'eicelleate guerre! Je l’aurais fait capituler, moi!

ÜLUC.

Oui, mais le mari était là.

LE BARON

C’est juste. Impossible.

ULRIC

C’est ce qui vous trompe. Ulric avait tellement prédisposé le mari, par une histoire incroyable que j’ai oubliée, que devant lui il s'est approché de la corbeille, {il t’approche de la eorbetlle) et là, d'un ton soumis et rcspectueui. s’adressant à son contenu, il a trouvé moyen de dire textuellement ceci : Mon colonel, veuillez agréer mes excuses ; je jure de lever vos arrêts si vous voulez bien avoir la bonté de lever les miens.

LE BARON

C’est hardi, admirable! J’en ferai mon compliment à monsieur votre frère.

ULRIC

Je le reçois pour lui.

Et le colonel, que Gt-il T

ULRIC, tautantdejoie*

Rien. Qui ne dit mot consent ; rocs arrêts sont levés. Vive le colonel! Je danserai... thuirianl les yeux) dit mon frère.

LE BARON

Tout haut?

ULRIC

Absolument comme moi.

LE BARON

Devant le mari?

ULRIC

Devant le mari. Je n’osais pas vous le dire, dans la crainte de n’êlre pn.s crue.

LE BARON, avec une profonde conitclton.

Si fait! si fait! cela est arrivé... Votre récit est empreint d’une couleur de vérité qui me frappe à un point... il me semble que j'y suis... C'est charmant ! Permettez...

Il lui baise la main.

Ain : Profile: Ju /emps. (Romance de Romagnesi.) LNSEMRLE.

LE BARON ET LXRtC.

( Chacun à part. )

C'est chammnt, cela.

Que riiistoirc est bonne!

Ce mari qui duuoe Dans ce pamiuau-là I Je vois sa figure.

C'est divertissant;

Je vois sa tournure.

C’est étourdissant ;

Et sur sa coiffure Je vois QU croissant.

LE BARON

C'est bien rare aussi ,

Un pareil booliommo I ULBIC.

Saos aller à Rome ,

Çà se trouve ici.

Reprise de la fin de Vensemble.

Je vois sa figure.

C’est divertissant, etc., etc.

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