‹ Trois pièces comiques [microforme]Chapitre 24 sur 24 · SCÈNE SÈMe · texte numérisé non relu

SCÈNE SÈMe

(Lucas, Bastien).

BASTIEN (qui l’a conduite).

Adieu, Denise... .(Revenant) Pauvre petite sœur, comme elle a du courage !

LUCAS Et nous donc, elle ne risque rien, elle, tandis que nous...,

. Comment, nous.,. Est-ce que la peur te prendrait par | hasard, Lucas ?

LUCAS

Moi, peur ! Ah ben oui, j'te dis ça, comme je dirais autre chose... peur !... Ah! saperlotte ! Laisse venir l'ours et tu verras si je serai le dernier pour l’approcher.

BASTIEN

Va, va, mon cher Lucas, je ne doute pas de ton courage, et tu peux compter que je ne te laisserai pas seul au moment du danger.

LUCAS

Mais, dis donc "sais-tu que l'ours tarde diablement à venir nous faire visite ?

BASTIEN

Parbleu! ce n’est pas difficile à deviner, il sait que nous sommes trop bien disposés à lui faire une réception honorable.

Lucas (mettant en joue).

Oui, honorable, et surtout touchante.

BASTIEN

Précisément !... Mais tiens, Lucas, si tu veux m'en croire, nous irons à sa rencontre ; hier, on Fa vu sur la lisière du bois près de la ferme du père Simon, et bien entendu que cette nuit il sera rentré sous bois ; ainsi je suis d’avis d’aller le dépister !... Qu'en dis-tu, petit frère !

LuUCAS

J'en suis... mais regardons bien si nos fusils sont bien, afin qu'ils ne ratent pas (ils examinent leurs fusils). Tout est bien, es tu prêt ?

BASTIEN Oui, partons, en avant et du courago !

LUCAS

Oui! Oui! du courage !

(On entend dans le lointain un hurlement de l'ours.) BASTIEN (baissant la voix)

Eh ! Lucas!

Lucas (de même) Eh ! Bastien !

BASTIEN (de même)

Entends-tu ? ,

Lucas (de même jusqu’au départ de l'ours) J’erois ben qu’ j'entends, BASTIEN C'est l'ours: qui vient.

Lucas Ben sûr que c’est l'ours,

BASTIEN Eh bien ?

LUCAS Eh bien ?

(Les hurlements sont plus rapprochés) BASTIEN Il s'approche.

LuCAS Oui, oui,... Voyons, Bastien, as-tu peur ?

BASTIEN Non; et toi, Lucas”?

Lucas Ah ben !... Ah ben!.., Dame... Non.

BASTIEN

Attention ! ... Apprêtons nos armes, mets-toi devant moi, Lucas ?

LUCAS

Ben non... t'es pus grand, toi?... mets toi devant moi, (Hurlements)

BASTIEN Diabie !... Diable !... Lucas!

LucAS Hein ?... Bastien !

BASTIEN

Le vois-tu ?

LUCAS Pas encore,

(Pendant toute cette scène les deux acteurs tiennent leur fusil et parcourent le théâtre.)

(Hurlements).

BASTIEN Lucas ! Lucas ! Je l’vois...Je l’vois... oh!

LUCAS Où ça?,., Où ça?

BASTIEN Tiens, tiens... regarde... dans l’fouré... là bas! LucAS Oui, ... oui... c’est lui!.. Oh ! quels yeux! BASTIEN Dieu !... Quelle grosse tête!

LUCAS Comme il est gros... mon Dieu !... mon Dieu 1 Bastien. BASTIEN Ne parle pas si fort, petit frère, du courage ! LUCAS Mon courage s’en va!... Le v’là qu’il avance! BASTIEN

Ciel!... Ciel!... Que faire?... J'tremble comme une feuille. |

LUCAS

Moi, j'n'ai plus une goutte de sang dans les veines! ...,,4 Brrrrrrou !..,

BASTIEN Que faire?.., où nous cacher ?... Le v'là ! Le v’'là ! LUCAS

Bastien !... Bastien !...J’sais pus où aller... j'pers la tête.

BASTIEN Vite !... Vite... petit frère... grimpons à l'arbre, cachonsnous dans les branches.

LUCAS

C'est ça !... c’est ça... Vite à l'arbre!

(Hurlemerits très-rapprochés).

BASTIEN

Mon Dieu !... Il n’est plus temps!... Tiens, viens... petit trère |... :

{Bastien monte dans l'arbre du milieu et arrangé exprès pour faciliter l'ascension).

Mais viens donc, viens done, Lucas, tu es perdu! LUCAS

Je n’ai plus de jambes !... Le voilà !... c’est fait de moi! (se ravisant) Ah!... on m'a dit qu’un ours ne touchait jamais un cadavre, faisons le mort (il se jette à genoux).

Mon Dieu ! prenez pitié d’un pauvre enfant ! sauvez moi!

(Il se couche, reste immobile, l'ours entre sur le théâtre, le parcourt en grognant ; il fait le tour de l'arbre, enfin s’approche de Lucas, le tourne et retourne en hurlant; après quelques instants il fait encore le tour du théâtre et sort.)

Lucas (après un moment)

Eh ! Bastien.

BASTIEN Lucas !

LUCAS Eh ben ! l'ours!

BASTIEN

Eh ben ! Quoi ?... l'ours ?

LUCAS Est-il parti !

BASTIEN Oui, il est déjà loin.

Lucas (se levant et tombant à genoux)

O mon Dieu! Je vous remercie! (Il se lève, Bastien est | descendu.)

(Ensemble ils se jettent dans les bras l’un de l'autre.) - |

Mon bon frère !... (ils restent embrassés une seconde.) |

Lucas |

Qu'est-ce que tu dis d’ea, mon pauvre Bastien ?

BASTIEN

Dam’ j’sais pas trop... Mais, à propos, qu'est-ce qu’il te: disait donc à l'oreille quant il te retournait et te flairait de pl ès ?

près ?

LucAS (un doigt sur la bouche.) | ma dit!...de ne pas vendre la peau de l'ours avant de | l'avoir tué,

| BASTIEN

. Lucas (vivement) | des châteaux en Espagne.

| | BASTIEN

: Oui, encore un proverbe pour nous.

Lucas (on entend pleurer)

: Mais j'entends pleurer là-bas....eh ! je ne me trompe pas, est la petite Denise. :

C'est pourtant vrai, que lui est-il arrivé ?...allons au-devant elle.

(Hs vont jusqu'à la dernière coulisse du fond) SCÈNE GÈxE.

Les précédents, Denise.

DENISE (entre en pleurant)

Ah! Ah! Ah! Ah! (elle tient le coin de son tablier sur .$ yeux.)

BASTIEN (avec affection) Qu'as-tu donc, ma petite Denise ?

DENISE (récite d’une voix larmoyante)

Ah! Ah! Ah! Tout le long de la route, je faisais mille ‘aux projets pour réussir, et en “arrivant au... village. ….) "étais. ….contente….que.. .je...me suis mise à sauter ; le pied m'a Ü

janqué, je suis tombée !.. et patatros !...mes œufs CASSÉS.. on lait renversé !...ah ! ah ! ah!

BASTIEN (tristement)

Allons, ilne nous manquait plus qu'ea !

Lucas (de même)

Adieu nos beaux projets !...adieu notre fortune !..,Tout est perdu dans un seul jour !

BASTIEN (au milieu d'eux et avec force)

Non, petit frère! Non, petite sœur ! Tout n'est pas erdu !...sèchons nos larmes ! Dieu a vu nos bonnes intentions ; il est content de nous ; nous le prierons toujours avec ferveur ; et, touché de nos prières, il les exaucera et noft#fbénira et nous verrons bientôt devant nous se dérouler un avenir heureux !.… Mais, pour ce soir, si ces Messieurs et ces Dames.yeulent bien nous encourager par leurs applaudissements, ce séra notre plus douce récompense.

(Le voile tombe.)

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POUR LES DEUX Cia ÉURS,. re gris de toile, COS abattu, Veste sans manche petite veste-à, manches. co 1 verte “on bleu foncé, pot “æbo peau, rond. Ç

Jäpon. rouge avec trois rangs “avelle noire en bas, corsage bleu ciel avec garniture par devant en galon roug« (tavelle), les manches au coude, petit chapeau à ruban.

(Nota.) Pour l’ours faire une tête en carton couverte en pelleterie, et on peut se servir d'un capot de pelleterie; il n’y a que pour les pattes de derrière qu'il ‘faudra adopter aussi de la même pelleterie.

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