SCENE IX
NAXA. MTFFAT caché, BOSC, PRULL1ÈRES, CLARISSE. SIMONNE
BOSC, apercevant Nana.
Eh! la voilà!... Tu es gentille!
SIMONNE
Une jolie lâcheuse!
Je m'étais perdue.
BOSC
Et le petit jeune homme?
NANA, naïvement.
Georges, je ne l'ai pas vu. 11 sera retourné aux voitures.
BOSC
Bon!... Filons vite, dînons et rentrons à Paris, (à Nana. Tu sais que Bordenave t'attend. Il me collera à l'amende, si je ne te ramène pas.
nana.
Eh bien! il te collera à l'amende. Je reste.
BOSC
Voyons, Ce n'est pas Sérieux. (On entend la cloche.)
CLARISSE
On SOrt de l'église. (Des groupes de paysans passent sur ia route.
BOSC
Tiens! cette vieille dame... Regardez.
PRULLIÈRES.
C'est Irma d'Anglars. Je la reconnais.
SIMONNE, k Nana.
On t'en a parlé, n'est-ce pas, ma chère? Quatre-vingts ans, et tout un village à ses pieds!
PBULL1ÈRES.
f In dirait une vieille marquise.
H OSC.
Une vieille marquise échappée aux horreurs de la
Révolution, Irma d'Anglars parait sur la route et traverse lentement la scène, suivie d"un laquais portant son livre de rae^se.;
SIMONNE, à gauche de Nana.
Ah! c'est un beau rêve, vivre gaiement, librement, et vieillir ensuite, saluée par le monde! Mais il faut avoir de l'ordre et ne pas céder à des toquades bêtes.
CLARISSE, à droite de Nana.
Oui, si l'on savait, on ne gâterait pas sa vie, on mettrait de côté pour finir, comme celle-là. comblée d'ans et d'honneurs.
SIMONNE
Bah ! nous mourrons toutes à l'hôpital!
NANA, à part, avec un frisson.
L'hôpital !... (Haut. Bosc. je rentre avec vous à Paris.
PRULLIÈRES.
En route!
TOUS
En route! en route! (ils s'éloignent.)
MUFFAT, bas à Nana.
Eh bien?
NANA. bas.
Eh bien, oui!
BOSC, à part.
Elle a fini de croquer des pommes. Aux millions, maintenant !